Après l’éboulement meurtrier qui s’est produit mercredi 11 mars sur le site minier de Safi, situé dans la concession de Boss Mining, à Kakanda, dans le territoire de Lubudi (province du Lualaba), le Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (SAEMAPE) confirme, ce jeudi, un bilan provisoire de neuf morts parmi les creuseurs artisanaux.
Selon le SAEMAPE, l’incident est survenu tôt le matin. Plusieurs creuseurs artisanaux s’étaient introduits dans la carrière pour extraire du minerai. D’après des témoins sur place, une masse de terre s’est brusquement détachée d’un rappel, ensevelissant les personnes qui travaillaient en contrebas.
Les zones situées au pied du remblai sont parsemées de trous creusés par les exploitants artisanaux, ce qui rend la structure encore plus instable. Après des recherches intenses menées par les autres creuseurs et les habitants, neuf corps sans vie ont été extraits des déclins, rapporte le SAEMAPE.
Les autorités et les équipes locales effectuent les fouilles afin de retrouver d’éventuelles autres victimes. Les habitants signalent que de fortes pluies s’abattent depuis plusieurs jours sur la région, rendant le sol particulièrement instable et augmentant les risques de glissement de terrain.
Entre nécessité sociale et risques élevés
Le SAEMAPE rappelle que, pour des raisons sociales, les exploitants miniers artisanaux sont parfois autorisés à accéder à certaines zones de concessions industrielles afin d’y extraire des minéraux. Toutefois, ces espaces ne sont souvent pas sécurisés, exposant les creuseurs à des risques majeurs d’éboulements.
Ce nouveau drame s’inscrit dans une série d’accidents mortels dans les sites miniers artisanaux du Lualaba.
En février dernier, 11 creuseurs artisanaux avaient perdu la vie dans un éboulement survenu dans la carrière de Tulwizembe, à une vingtaine de kilomètres de Kolwezi.
Quelques mois plus tôt, en novembre 2025, trente-deux creuseurs sont morts à la suite de l’effondrement tragique d’un pont de fortune à la carrière de Mulondo, dans la concession de la société PAGECLEM, située au quartier Kawama du territoire de Mutshatsha.
Malgré l’interdiction formelle d’accès au site, émise en raison de fortes pluies et du risque élevé d’éboulements, plusieurs exploitants miniers artisanaux clandestins avaient forcé l’entrée dans la concession de cette société minière.
Ces accidents récurrents relancent le débat sur la sécurité des sites artisanaux, l’encadrement des creuseurs et la responsabilité des entreprises industrielles exploitantes dans la sécurisation de leurs concessions.






