Un rapport publié mercredi 11 mars par l’ONG internationale Human Rights Watch (HRW) fait état d’une série de disparitions forcées à Kinshasa et dans ses environs depuis mars 2025. Selon l’organisation internationale des droits de l’homme, les forces de sécurité congolaises seraient responsables de nombreuses arrestations suivies de détentions secrètes.
Au moins 17 cas documentés depuis mars 2025
L’ONG affirme avoir documenté au moins 17 cas de personnes victimes de disparition forcée ou portées disparues au cours de l’année 2025, tout en évoquant d’autres témoignages jugés crédibles. Plusieurs de ces personnes ont finalement été retrouvées, parfois des mois plus tard, détenues dans les locaux du Conseil national de cyberdéfense (CNC).
D’après le rapport, ces arrestations auraient été menées parallèlement par des éléments de la Police nationale congolaise et de la Garde républicaine.
« Au cours de l’année passée, les forces de sécurité congolaises ont secrètement arrêté et détenu des personnes pour des motifs fallacieux au cœur de la capitale », a déclaré Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch. Selon lui, ces arrestations semblent dans plusieurs cas liés à des considérations politiques ou à des soupçons de soutien à des groupes armés actifs dans l’est du pays.
Arrestations nocturnes et détentions sans mandat
Entre juillet 2025 et mars 2026, Human Rights Watch a indiqué avoir mené des entretiens avec plus de 34 personnes, dont neuf anciens détenus du CNC et 11 proches de personnes arrêtées. Pour des raisons de sécurité, l’organisation n’a pas révélé l’identité des personnes élargies.
Les témoignages recueillis évoquent des arrestations effectuées par des agents de la Garde républicaine et de la Police nationale, parfois accompagnés d’hommes en civil. Certaines opérations pourraient avoir lieu en pleine nuit.
Plusieurs anciens détenus affirment avoir été transportés les yeux bandés vers différents centres de détention du CNC. Ils ne déclarent également n’avoir reçu aucun mandat d’arrêt et s’être vu refuser l’accès à un avocat.
Les responsables du Conseil national de cyberdéfense ont rencontré Human Rights Watch à deux reprises, en novembre et décembre 2025. L’un d’eux a affirmé que l’unité a pour mission de « coordonner les services essentiels » et qu’elle peut intervenir si nécessaire pour des raisons de raison.
Dans une réponse écrite datée du 17 février, le directeur et coordinateur du CNC, Jean-Claude Bukasa, a toutefois assuré que l’institution « ne dispose d’aucun pouvoir d’arrestation ni de détention » des personnes, rapporte HRW.
Le rapport relance ainsi les inquiétudes de certaines organisations de défense des droits humains sur la situation des libertés publiques en République démocratique du Congo.





