Un rapport alarmant de l’ONU révèle qu’un quart de la population de la RDC est confrontée à une faim aiguë. Les conflits, la flambée des prix et les catastrophes naturelles aggravent la situation, menaçant la vie de millions…
La République démocratique du Congo (RDC) traverse une crise humanitaire d’une ampleur alarmante. Selon un rapport récent de l’ONU, près d’un quart de la population du pays, soit 25,6 millions de personnes, se trouve actuellement dans une situation de faim aiguë. Cette insécurité alimentaire généralisée menace directement la vie et les moyens de subsistance de millions de Congolais vulnérables.
Une combinaison de facteurs aggravants
La détérioration de la sécurité alimentaire en RDC résulte d’une conjonction de facteurs négatifs. Les conflits armés persistants, en particulier dans les provinces de l’Est, ont provoqué le déplacement de millions de personnes, perturbant gravement la production agricole et les moyens de subsistance des communautés rurales.
En parallèle, la flambée des prix des denrées alimentaires et des coûts de transport rend l’accès à la nourriture de plus en plus difficile pour les populations vulnérables. Les épidémies récurrentes telles que la rougeole, le choléra, le paludisme ou plus récemment le mpox aggravent encore la situation.
Les catastrophes naturelles, notamment les inondations, ont également un impact dévastateur dans les zones touchées, détruisant les récoltes et les infrastructures essentielles. L’accès à l’eau potable reste par ailleurs préoccupant dans l’ensemble du pays, compromettant la santé et la sécurité alimentaire des populations.
L’impact dévastateur des conflits armés
Les violences armées, en particulier dans le Nord-Kivu avec la résurgence du groupe rebelle M23 soutenu par le Rwanda, ont causé des dommages considérables aux moyens de subsistance et aux infrastructures rurales. Les affrontements incessants perturbent gravement la production agricole, pourtant essentiels à la sécurité alimentaire du pays.
La violence armée et la compétition pour les ressources ont causé des dommages massifs aux moyens d’existence et aux infrastructures rurales, perturbant la production agricole essentielle.
Rein Paulsen, directeur du Bureau des urgences et de la résilience de la FAO
Les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu se concentrent à elles seules plus de 80% des 6,4 millions de déplacés internes que comptent actuellement le pays, selon les derniers chiffres du HCR. Des centaines de milliers de ces déplacés s’entassent dans des camps de fortune en périphérie de Goma, capitale du Nord-Kivu, dans des conditions d’extrême précarité.
Des perspectives inquiétantes pour l’avenir
Les projections de l’IPC pour 2025 ne laissent malheureusement pas entrevoir d’amélioration significative de la situation. L’insécurité alimentaire nationale devrait se maintenir au même niveau critique qu’en 2024, déjà similaire à celui de 2023.
La FAO s’inquiète par ailleurs d’une potentielle aggravation de la situation sécuritaire suite au retrait progressif de la mission de l’ONU (Monusco) dans les provinces de l’Est. Ce désengagement, déjà effectif dans le Sud-Kivu depuis juin dernier, fait craindre une recrudescence des violences et une détérioration supplémentaire des conditions de vie des populations civiles.
Des conflits intercommunautaires qui exacerbent la crise
Au-delà du conflit avec le M23, des affrontements intercommunautaires, souvent pour des questions foncières, poussent également des milliers de Congolais à fuir leurs villages et leurs champs. Privés de leurs moyens de subsistance, ces déplacés viennent grossir les rangs des populations en situation d’insécurité alimentaire aiguë.
Face à l’ampleur de cette crise humanitaire, la communauté internationale et le gouvernement congolais doivent impérativement intensifier leurs efforts pour venir en aide aux millions de civils menacés par la faim. Sécuriser l’accès à la nourriture et à l’eau potable, tout en œuvrant au rétablissement de la paix et de la stabilité, sont des priorités absolues pour éviter une catastrophe humanitaire de plus grande envergure encore.





