En 20 ans, la Constitution de la RDC est au cœur d’un vif débat politique entre les partisans de sa stabilité et ceux qui prônent sa réforme profonde, voire refonte totale.
Adoptée par référendum populaire et promulguée par l’ancien président Joseph Kabila en 2006, cette loi visait à mettre fin à des années de transition et de conflits.
Le PPRD défend un socle de la démocratie
Pour le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), la Constitution de 2006 reste le garant de la stabilité institutionnelle du pays.
Ferdinand Kambere, secrétaire permanent adjoint de ce parti, estime que ce texte permet de consolider les acquis démocratiques.
Selon lui, la Constitution a rempli sa mission en organisant l’alternance et en structurant l’État. Les défenseurs de ce texte craignent qu’une remise en question totale n’ouvre la voie à une instabilité politique ou à une remise en cause des limites de mandats.
L’UDPS plaide pour une adaptation aux réalités actuelles
A l’opposé, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) soutient la position du président Félix Tshisekedi, qui juge le texte « inadapté ».
Ntumba Tshiabola Bintu, député national honoraire et cadre du parti présidentiel, estime que ce texte est le produit d’un contexte de belligérance qui n’a plus lieu d’être.
« Il comporte de nombreux écueils et doit être modifié, voire totalement remplacé, si le peuple congolais en décide ainsi », affirme-t-il, soulignant que le texte aurait été rédigé sous une influence étrangère marquée par les compromis de l’époque.
Un débat relancé fin 2024
Le Président Félix Tshisekedi avait annoncé, dès la fin de l’année 2024, sa volonté de doter la RDC d’une nouvelle Loi fondamentale.
Depuis son adoption, le texte n’a connu qu’une seule révision majeure, en 2011, touchant notamment le mode de contrôle présidentiel (passage de deux tours à un seul).
Alors que certains acteurs de la société civile appellent au respect du pacte républicain de 2006.
La classe politique reste divisée sur la méthode : révision partielle ou changement de Constitution via un nouveau référendum.





