En marge du segment de haut niveau du Conseil des droits de l’homme, clôturé mercredi 25 février à Genève, en Suisse, le ministre des Droits humains a recommandé l’adoption de sanctions contre le régime de Kigali pour les exactions commises dans l’Est de la RDC.
Samuel Mbemba a insisté sur le fait que le silence de la communauté internationale, dans le cas de la RDC, n’est pas synonyme de neutralité mais de complicité. Il a également accusé le Rwanda et ses supplétifs de l’AFC/M23 d’avoir pris en otage 30 000 exploitants artisanaux à Rubaya, qui leur imposeraient une production individuelle de 3 kg de coltan par jour.
Suivez un extrait du discours de Samuel Mbemba :
A cette occasion, le ministre des Droits humains a également présenté aux médias internationaux accrédités aux Nations unies le rapport publié le week-end dernier à Kinshasa par son ministère, portant sur les commissions d’exactions par le Rwanda et ses supplétifs de l’AFC/M23 à Goma, Bukavu et dans leurs environs, qu’ils occupent depuis douze mois.
Avant de transmettre l’intégralité de ce rapport en français et en anglais, Samuel Mbemba a mis en exergue quelques chiffres marquants :
1 femme violée toutes les 4 minutes ; 17 015 atteintes à la vie et à l’intégrité physique ; 7 millions de déplacés forcés.
Dans le cadre de son périple de sensibilisation de la communauté internationale face aux atrocités attribuées au Rwanda en RDC, le ministre des Droits humains est attendu ce week-end devant les étudiants de l’Université Saint-Paul, à Ottawa, au Canada.
Le rapport du Gouvernement est publié quelques mois après celui du Groupe d’experts de l’ONU.
Ce document, consacré à la situation en RDC, met en lumière la dégradation sécuritaire et humanitaire dans l’Est du pays.
Dans une lettre datée du 30 décembre 2025, les experts inculpés avaient affirmé que l’AFC/M23 cherchait à se positionner comme une autorité de substitution à l’État congolais dans les zones qu’il contrôle.
Leur rapport indique que l’AFC/M23 a établi des structures administratives, judiciaires, budgétaires et sécuritaires, assumant ainsi des fonctions essentielles pertinentes normalement de l’État.
Le document souligne que, dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, malgré les avancées obtenues dans les efforts de médiation, la situation sécuritaire s’est détériorée, marquée par de violents affrontements armés.
Selon les experts, l’AFC/M23 a étendu sa campagne militaire dans les deux provinces grâce au soutien de la Force de défense rwandaise.
Ce soutien permet au mouvement rebelle de renforcer son accès aux ressources minières du Sud-Kivu, où il contrôlerait désormais près de la moitié de la production de cassitérite et de coltan, ainsi que plus des deux niveaux de la production de wolframite, ajoute le rapport des experts de l’ONU.






