L’organisation Actions pour la protection civile et le développement (APCD) tire la sonnette d’alarme sur la situation qu’elle qualifie de préoccupante du VIH/Sida dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu. D’après les données compilées par l’APCD, près de 1 000 cas de décès liés au VIH ont été enregistrés dans l’espace de sept mois, entre février et août 2025, dans le territoire de Rutshuru.
Pour le secrétaire exécutif de l’organisation, ces chiffres traduisent l’urgence d’une réponse renforcée et coordonnée.
L’ONG souligne que l’insuffisance des campagnes de sensibilisation, la rupture des stocks de médicaments antirétroviraux et la suspension de certaines aides humanitaires aggravent la vulnérabilité des populations, en particulier des jeunes, des femmes et des filles.
Elle appelle le Programme national de lutte contre le VIH/Sida (PNLS), ainsi que les partenaires nationaux et internationaux, à intensifier les actions de prévention et de prise en charge dans cette zone fragilisée par l’insécurité.
Selon un rapport d’enquête mené la semaine dernière dans les aires de santé de Kako, Kalengera, Rubare et Ruseke, une grande partie des jeunes ne connaît pas les mesures de prévention contre le VIH. Une méconnaissance jugée alarmante par l’organisation, d’autant plus que l’année 2025 a été marquée par une hausse significative des décès liés à la maladie.
Des recommandations pour une réponse intégrée
Face à cette situation, l’organisation formule plusieurs recommandations.
Elle plaide pour le renforcement du dépistage dans toutes les zones de santé, à travers des campagnes mobiles accessibles aux populations éloignées, Elle insiste également sur la nécessité de garantir la continuité des traitements antirétroviraux, en rétablissant et en sécurisant les chaînes d’approvisionnement. La protection des femmes et des filles contre les violences sexuelles figure aussi parmi les priorités, avec la mise en place de mécanismes efficaces de prévention et de prise en charge, L’APCD appelle par ailleurs à la réactivation des aides humanitaires suspendues, qu’elle juge vitales pour la survie des malades et la prévention de nouvelles infections, Enfin, elle recommande une meilleure coordination entre l’État, les ONG et les partenaires internationaux afin d’assurer une réponse intégrée et durable à la lutte contre le VIH/Sida à Rutshuru.
Dans un contexte sécuritaire instable, l’organisation estime qu’« il faut agir, et vite », pour éviter une aggravation silencieuse de la crise sanitaire dans ce territoire du Nord-Kivu.






