Les journaux et médias en ligne de la capitale congolaise commentent largement les déclarations de Bahati Lukwebo, deuxième vice-président du Sénat, qui s’insurge contre toute modification de la Constitution visant à ouvrir la voie à un troisième mandat du président Félix Tshisekedi.
Après le désaveu du Bureau du Sénat à la dernière sortie de Bahati Lukwebo, deuxième vice-président du Sénat, s’opposant à la tendance émergente au sein de l’Union sacrée de la Nation soutenant l’idée de la révision ou du changement de la Constitution, c’est désormais au tour du groupe politique Alliance des forces démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) dont M. Lukwebo est membre, de fixer l’opinion.
Actualite.cd note dans sa Une que dans une déclaration ce lundi 9 mars, les sénateurs membres de ce groupe précisent que la récente sortie médiatique de Bahati Lukwebo n’a jamais fait l’objet d’une discussion ni validation préalable en son sein. En conséquence, les sénateurs se désolidarisent de cette prise de position exprimée à titre personnel et invitent le deuxième vice-président du Sénat à tirer les conséquences politiques qui s’imposent.
« Nous réaffirmons notre soutien indéfectible à la vision et aux réformes engagées par Son Excellence Félix TSHISEKEDI TSHILOMBO, Président de la République, et réaffirmons que la souveraineté nationale appartient au peuple, conformément à l’article 5 de la Constitution ; Nous adressons nos vives félicitations au Chef de l’État pour les succès diplomatiques enregistrés par la République Démocratique du Congo, notamment les avancées dans les processus de paix ainsi que les accords de Washington dont le projet de loi portant ratification sera bientôt adopté au Parlement », déclare le groupe politique.
Ce média rapport par ailleurs que les sénateurs du groupe politique AFDC-A au Sénat réaffirment également leur attachement à l’unité nationale, à la paix durable et à la défense des intérêts supérieurs de la République démocratique du Congo.
Réaction du Bureau du Sénat
« Le Bureau attire l’attention des sénateurs sur toute prise de position individuelle susceptible d’entretenir la confusion et de fragiliser l’unité nationale »
Selon le rapporteur du Sénat, Nerfititi Ngundianza, le Bureau tient à préciser avec la plus grande clarté, à l’opinion nationale et internationale, que les propositions tenues par le sénateur Modeste Bahati, relatives à la révision ou au changement de la Constitution de la République démocratique du Congo du 18 février 2006, ont été exprimées à titre strictement personnel et n’engagent en aucune manière l’institution sénatoriale dans son ensemble, souligne Actualite.cd.
« Le débat sur la révision constitutionnelle ouvre un « chantier explosif », titre Forum des As.
Le journal rapporte que l’opposition crie déjà au « troisième mandat », alors que le pouvoir semble déterminé à avancer. Pour le patriarche Christophe Mboso, cité par Le Lauréat, la messe est dite. L’ancien président de l’Assemblée nationale tranche : « Seule la Bible ne peut pas être changée ».
Cette position est loin de faire l’unanimité.
Actualite.cd relaye la dénonciation de la LUCHA qui y voit une « tentative de glissement ».
De son côté, Jean-Claude Katende, cité par Le Potentiel.Cd, met en garde contre une « direction dangereuse » pour la nation. Face à cette levée de boucliers, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, tente de calmer le jeu. Dans les colonnes d’Infos27.cd, il rappelle que ce débat relève simplement de la « vitalité démocratique » du pays.
Enfin, ce débat provoque des séismes au sein même de la majorité. Au Sénat, le deuxième vice-président Modeste Bahati Lukwebo est en mauvaise posture.
L’Agence congolaise de presse (ACP) rapporte qu’il est désormais « désavoué par sa propre famille politique ».
Actu30.cd précise que des sénateurs de l’AFDC-A ont obligatoirement « lâché » leur autorité morale pour réaffirmer leur soutien inconditionnel au Chef de l’État et à son projet de changement de la Loi fondamentale.






