Les sanctions qualifiées d’historiques imposées par les États-Unis contre les Forces de défense rwandaises (RDF), la vive réaction de Kigali ainsi que le satisfaction exprimée par Kinshasa dominant la Une des médias congolais ce mardi 3 mars 2026.
Selon Actualite.Cd, le Rwanda a regretté lundi des sanctions américaines qu’il juge « unilatérales », estimant qu’elles « déforment les faits » du conflit dans l’est de la RDC et ciblent injustement « une seule partie » au processus de paix.
Dans un communiqué publié par le bureau du porte-parole du gouvernement, Kigali affirme que les mesures prises par les États-Unis « dénaturent la réalité » de la situation sécuritaire dans l’est congolais.
Le gouvernement rwandais accuse la RDC de violations des accords de cessez-le-feu, évoquant des « attaques de drones constantes et indiscriminées » ainsi que des offensives terrestres qui auraient coûté « de nombreuses vies ».
Kigali soutient également que la coalition gouvernementale congolaise inclut « des mercenaires étrangers », des milices ethniques extrémistes soutenues par l’État, notamment les « Wazalendo », ainsi que les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), qualifiées de « milice génocidaire », combattant aux côtés des Forces armées de la RDC (FARDC).
Selon le communiqué, la RDC s’est engagée, dans le cadre des Accords de Washington, à mettre fin de manière « irréversible et vérifiable » au soutien de l’État aux FDLR et aux milices associées, sans avoir pris « aucune mesure » en ce sens.
Le Rwanda se dit « pleinement engagé » en faveur du désengagement de ses forces, en parallèle avec la mise en œuvre par la RDC de ses propres obligations.
Actualite.Cd rapporte également la réaction congolaise face aux nouvelles sanctions américaines : « RDC : Kinshasa salue les sanctions américaines contre l’armée rwandaise et réaffirme son engagement pour la paix »
Sur la même actulaité, Actualite.Cd revient sur la réaction du Gouvernement congolais face aux nouvelles sanctions américaines, affirmant que le gouvernement congolais a salué lundi la décision des États-Unis d’imposer des sanctions aux Forces de défense rwandaises (RDF) et à quatre de leurs hauts responsables, dénonçant leur « implication directe » aux côtés du mouvement rebelle M23 dans l’est du pays.
Dans un communiqué, le ministère congolais de la Communication et des Médias indique que ces sanctions, prises par le département du Trésor américain via l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), constituent « un signal clair en faveur du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale » de la RDC, ainsi que de la mise en œuvre effective des engagements souscrits dans le cadre des Accords de Washington. Selon Kinshasa, ces mesures confirment « la nécessité d’une cohérence entre les engagements diplomatiques et les réalités opérationnelles sur le terrain ».
Le Potentiel.cd rapporte que : « Les sanctions américaines contre l’armée rwandaise marquent un « tournant stratégique » majeur
Le quotidien kinois analyse comment Kinshasa a réussi à « renverser la bataille du narratif » face au Rwanda. Longtemps perçu comme le « bon élève » de la région, Kigali se retrouve désormais dans une position d’« isolement » croissant international. Le journal estime que la diplomatie de Félix Tshisekedi a porté ses fruits en forçant la communauté internationale à nommer clairement l’agresseur. Le quotidien estime que Kinshasa a réussi à « renverser la bataille du narratif », faisant passer Kigali du statut de partenaire sécuritaire régional à celui d’agresseur nécessairement sanctionné par la première puissance mondiale.
Pour sa part, 7sur7cd écrit en Une : Secrétaire au Trésor des USA, Scott Bessent sur la RDC : « Nous exigeons le retrait immédiat des troupes, des armes et des équipements des RDF »,
Réagissant à cette annonce, 7sur7.cd relaye les propositions fermes de Scott Bessent, le nouveau Secrétaire au Trésor des États-Unis. Ce dernier a déclaré que l’administration américaine « exige le retrait immédiat et sans condition » de toutes les troupes rwandaises du sol congolais. Washington menace d’étendre ces sanctions à d’autres secteurs de l’économie rwandaise si l’intégrité territoriale de la RDC n’est pas respectée.
« Est de la RDC : les États-Unis sanctionnent les RDF et 4 hauts responsables rwandais », rapport Actu30.cd
Ce média souligne que parmi les individus sanctionnés figurent Stanislas Gashugi, Ruki Karusisi, Mubarakh Muganga (alias « MK Mubarkh ») et Vincent Nyakarundi, tous basés à Kigali et accusés de contribuer à l’instabilité dans l’est de la RDC.
Dans cette décision, l’OFAC a émis la Licence Générale 1 autorisant une période de démantèlement («wind down») des transactions impliquant les RDF, afin de permettre une cessation ordonnée des engagements concernés. La période va jusqu’au 1er avril 2026 à 00H01′.
« Ces sanctions augmentent la pression économique sur Kigali et visent à bloquer le financement ainsi que le soutien logistique à la rébellion. Cette décision intervient alors que le conflit se poursuit dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. », ajoute Actu30.cd.
Info27 : Washington sanctionne quatre hauts grades rwandais pour déstabilisation dans l’est de la RDC
Le ton se durcit entre Washington et Kigali sur fond de conflit persistant dans l’Est de la République démocratique du Congo, rapporte Info27.
Le média souligne que les États-Unis ont annoncé des sanctions ciblées contre quatre officiers supérieurs des Forces de défense rwandaises (RDF), accusés d’avoir joué un rôle direct dans des opérations menaçant la paix et la stabilité régionales, notamment en soutien au Mouvement du 23 mars (M23) : « Cette décision, rendue publique lundi par le Département du Trésor américain, marque une étape significative dans l’implication internationale face à une crise sécuritaire qui continue de déstabiliser la région des Grands Lacs. En visant les responsables militaires du premier plan, Washington entend accroître la pression sur Kigali et envoyer un signal dissuasif aux acteurs impliqués dans l’escalade du conflit. Pour Kinshasa, cette mesure constitue un appui diplomatique majeur dans sa dénonciation des ingérences étrangères et un levier potentiel pour la recherche d’une désescalade durable. », note-t-il.






