Le territoire de Mambasa, déjà meurtri par l’insécurité, fait face à une nouvelle menace. Des activistes des droits de l’homme alertent sur la gestation d’un mouvement armé dénommé « Mouvement populaire du Congo » (MPC). Ce groupe, dirigé par un ancien milicien, recruterait des jeunes dans la périphérie de Biakato.
La société civile exprime ses vives inquiétudes. Selon Rams Malikidogo, défenseur des droits de l’homme de retour d’une mission dans la zone, ce nouveau groupe aurait établi son état-major depuis le mardi 4 mars au lieu-dit « Camp Tomate », situé à environ 10 kilomètres du centre de négoce de Biakato.
Craintes de nouvelles exactions
Pour les acteurs locaux, l’émergence de ce mouvement est synonyme de nouvelles souffrances pour une population déjà asphyxiée par les exactions des rebelles ADF et des diverses milices se réclamant des « Wazalendo ».
Rams Malikidogo craint une multiplication de barrières illégales sur les routes agricoles :
« Cette situation est une très mauvaise nouvelle. Nous redoutons que ces hommes n’érigent rapidement des barrières pour extorquer de l’argent et vivre sur le dos de la population, qui n’en peut plus des tracasseries. »
Un chef milicien “récidiviste”
Interrogé sur l’identité du leader de ce mouvement, un certain Katembo Kiaviro, l’administrateur du territoire de Mambasa, Jean-Baptiste Munyapanzi, apporte des précisions sur son profil. Il s’agit d’un ancien milicien Maï-Maï bien connu des services de sécurité.
Arrêté il y a deux ans à Makumo, Katembo Kiaviro avait été transféré à la prison militaire de Ndolo à Kinshasa, avant d’être libéré. Il a regagné l’Ituri il y a moins de six mois.
« Un bandit à main armée »
L’autorité territoriale se montre toutefois prudente sur la qualification de ce mouvement :
« S’il reprend les armes, il devient plutôt un bandit à main armée. Pour l’instant, on ne peut pas encore parler d’un groupe armé clairement identifié. S’ils ont trouvé un nom à leur mouvement, nous devons nous battre pour savoir qui sont ses complices ».
En dépit de ces nuances sémantiques de l’administration, la psychose gagne les zones rurales. Les habitants de Mambasa, déjà victimes d’extorsions régulières, craignent que ce « MPC » ne vienne aggraver l’instabilité chronique de cette partie de la province de l’Ituri.






