L’atterrissage d’un hélicoptère de la MONUSCO à l’aéroport de Goma au Nord-Kivu jeudi 12 février, marque un tournant symbolique dans le Nord-Kivu. Dans une interview exclusive accordée à Radio Okapi lundi 16 février, Ndeye Khady Lo, porte-parole de la mission, décrypte cet événement comme un “signal d’espoir” au milieu des tensions persistantes.
Un symbole d’espoir et de normalisation
Cet atterrissage, le premier après un an d’interruption de l’accès aérien, teste la faisabilité et la sécurité des mouvements.
« Nous donnons à cet atterrissage un sens symbolique d’espoir, un signal opérationnel important », explique Mme Lo. Il s’inscrit dans les préparatifs du mécanisme de suivi du cessez-le-feu, tel que prévu par la résolution 2808 de 2025 du Conseil de sécurité de l’ONU.
La représentante spéciale par intérim du secrétaire général, revenu à Goma via ce vol, incarne cette dynamique : “Elle était dans le dernier appareil arrivé le 27 janvier 2025 et dans le premier après l’interruption”, souligne la porte-parole, voyant là un pas vers la normalisation.
Pas de “contrepartie”, mais une coordination sécuritaire
Face aux interrogatoires sur une éventuelle autorisation du M23, Ndeye Khady Lo balaie l’idée de deal ou de contrepartie entre la mission et le M23 : « Il ne saurait y avoir de contrepartie lorsque la MONUSCO est impliquée. La mission agit dans le cadre de son mandat et sur la base d’arrangements pratiques visant à garantir la sécurité. », précisant que les préparatifs ont impliqué Kinshasa et des contacts locaux pour éviter les incidents tragiques.
La porte-parole de la MONUSCO a également parlé des fronts étendus du Grand Nord au Sud-Kivu, affirmant que la MONUSCO affine son déploiement : « Le territoire est vaste, mais il faut différencier les zones » précise-t-elle, en outre que :
« Plein mandat de protection des civils au Nord-Kivu et Ituri ; suivi limité du cessez-le-feu ailleurs, comme à Bukavu ou sur les hauts plateaux. La stratégie ? Prioriser les « hotspots », les incidents pullulents. »
La confiance, clé du cessez-le-feu
Dans un contexte où la méfiance persiste entre les parties, la réussite du cessez-le-feu repose largement sur la reconstruction de la confiance mutuelle, comme l’a récemment souligné le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres.
Pour Ndeye Khady Lo, la progression doit être graduelle.
« Dans des circonstances comme celles qu’on vit, chaque pas est un pas en avant (…) Pas à pas, on va y arriver. »
Le mécanisme de suivi et de vérification vise précisément à réduire les incertitudes par des procédures communes et des constats crédibles.
« Il permettra de réduire la méfiance et de réunir tout le monde autour de l’essentiel qui est d’avancer vers la paix. »
Dans l’attente d’une normalisation complète de la situation à Goma, cet atterrissage apparaît ainsi comme un geste mesuré mais porteur d’espoir, dans un processus encore fragile vers la stabilité dans l’est de la République démocratique du Congo.






