Au moins 200 personnes pour la plupart des creuseurs artisanaux ont perdu la vie le 28 janvier dernier sur le site minier de Luwowo, dans la zone de Rubaya, au Nord-Kivu.
Dans un communiqué parvenu ce dimanche 1ᵉʳ février à Radio Okapi, le gouvernement congolais exprime sa profonde compassion envers les familles des victimes de cette tragédie.
Les autorités rappellent que cette zone minière est classée « rouge », ce qui signifie qu’elle est formellement interdite à toute activité d’exploitation.
Pourtant, les extractions y sont effectuées illégalement, dans un contexte d’occupation militaire.
L’exécutif national pointe du doigt le Rwanda et ses supplétifs de l’AFC/M23.
Kinshasa accuse Kigali de tirer profit de l’exploitation illégale du coltan, avec des volumes estimés entre 112 et 125 tonnes par mois, une véritable économie de guerre, selon les autorités.
Le gouvernement dénonce également les dysfonctionnements des mécanismes internationaux de traçabilité, ainsi que la responsabilité de certains acteurs économiques qui continuent d’acheter ces minerais malgré les alertes officielles.
Les autorités rappellent que ces pratiques constituent de graves violations du droit international.
Elles annoncent la poursuite de la documentation du dossier, en vue d’engager des actions devant les juridictions compétentes, et réaffirment leur détermination à rétablir l’autorité de l’État et à mettre fin à l’exploitation illégale des ressources naturelles.
Enfin, Kinshasa appelle la communauté internationale à mesurer pleinement l’ampleur de ce drame et de ses causes profondes.
Reprise des activités à Rubaya malgré le climat de deuil
Trois jours après l’éboulement survenu sur le carré minier de Kasasa, à Rubaya, certains creuseurs ont déjà repris le travail dans d’autres carrés miniers. Plusieurs commerces ont également rouvert leurs portes, malgré l’ambiance lourde qui règne dans la cité.
Selon les habitants contactés sur place, Rubaya vit au rythme des deuils.
Dans presque toutes les avenues, et jusque dans les villages environnants, les familles pleurent leurs proches disparus dans cet éboulement qui a enseveli des centaines de creuseurs et blessé des dizaines d’autres.
Au centre de la cité, beaucoup sont convaincus que le bilan définitif ne sera jamais connu.
Vu la profondeur des puits et l’affluence au moment du drame, il est pratiquement impossible de retirer toutes les victimes des déclins.
Souvent, expliquent les habitants, les puits deviennent les tombes des creuseurs, et les survivants n’ont d’autre choix que de se déplacer vers d’autres sites pour poursuivre leur activité.
Pendant ce temps, les autorités locales organisent l’évacuation des blessés vers l’hôpital provincial de Goma pour une prise en charge appropriée.
Au-delà du drame, les habitants de Rubaya dénoncent des conditions de travail devenues extrêmement précaires dans ces mines, contrôlées depuis plus d’un an par les rebelles du M23.






