La coordination provinciale de la Société civile forces vives de l’Ituri affirme que des avancées significatives ont été enregistrées sur le plan sécuritaire depuis la signature, en juin 2025, de l’accord de paix Aru II entre plusieurs groupes armés actifs dans la province. Elle l’a fait cette déclaration mercredi 25 mars à Bunia, lors du lancement des travaux d’évaluation de l’exécution des résolutions adoptées à Aru entre les parties.
Si la société civile de l’Ituri reconnaît une accalmie relative, elle insiste toutefois sur la nécessité d’aller plus loin en accélérateur le désarmement des miliciens afin d’aboutir à une pacification totale de l’Ituri.
Quatre mouvements armés participent aux travaux des assises de Bunia :
CODECO FRPI FPIC TCHINI YA THON
Les groupes armés MAPI et Auto-défense (Zaïre), signataires de l’accord d’Aru II, sont absents. Ces deux milices ayant depuis rallié la Convention pour la Révolution Populaire (CRP), non signataires de l’accord.
D’autres acteurs clés prennent également part aux discussions, notamment la MONUSCO, les autorités provinciales, les chefs coutumiers des cinq territoires de l’Ituri (Djugu, Mahagi, Irumu, Mambasa et Aru) ainsi que des membres des différentes communautés affectées par les conflits armés.
Objectif : évaluer la mise en œuvre de l’accord d’Aru II
Selon les organisateurs, ces assises doivent permettre d’analyser :
les forces et faiblesses de la feuille de route issue de l’accord de paix, le niveau de mise en œuvre des engagements pris par les groupes armés, l’état d’avancement de la cessation des hostilités dans les zones concernées.
Une accalmie perceptible dans plusieurs territoires
Pour la société civile de l’Ituri, l’accord d’Aru II a permis une réduction notable des violences, en particulier dans les territoires de Djugu, Irumu et Mahagi.
Cependant, quelques zones restent instables, notamment en raison de poches d’insécurité entretenues par des éléments du CRP de Thomas Lubanga qui avait carrément refusé de participer au dialogue ayant abouti à l’accord de paix d’Aru II.
Le coordonnateur adjoint de la société civile, Jean-Marie Ezadri, appelle à renforcer les efforts :
« L’ensemble de la province semble faire preuve d’accalmie, mais néanmoins, qu’on active d’autres voies pour appeler les détenteurs d’armes à les remettre entre les mains du gouvernement ».
Restauration de l’autorité de l’État : un enjeu prioritaire
La MONUSCO, par l’intermédiaire de Debon Mwisa de la Section des Affaires civiles à Bunia, accompagne les autorités provinciales dans la mise en œuvre du processus de paix.
Il souligne qu’un point crucial de cette rencontre sera la restauration de l’autorité de l’État, indispensable au retour des populations dans leurs villages :
« Depuis qu’il y a eu la crise dans les territoires de Mahagi, d’Irumu et Djugu, beaucoup de chefs avaient quitté leurs entités pour s’installer à Bunia. Ils ont rencontré des difficultés à y retourner. Cette rencontre sera l’occasion de réfléchir, avec toutes les parties, aux efforts de restauration de l’autorité de l’État ».
Une paix encore fragile mais en construction
Les travaux, qui s’étalent sur trois jours, doivent déboucher sur de nouvelles recommandations visant à consolider l’accalmie liée, favoriser la réinsertion des ex-combattants, permettre le retour des personnes déplacées et renforcer le rôle des autorités coutumières.
Si les avancées sécuritaires sont saluées, la société civile insiste sur le fait que la véritable paix passe par le désarmement total et l’effectif des milices, condition indispensable à la stabilité durable de l’Ituri.






