Le Sud-Kivu s’impose aujourd’hui comme la province la plus touchée par la crise des déplacés internes en République démocratique du Congo. Selon les dernières données rendues publiques la semaine dernière par le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), la province compte à elle seule environ 2,4 millions de personnes déplacées, soit la proportion la plus élevée du pays.
Une crise humanitaire d’ampleur nationale
D’après Ocha, à l’échelle nationale, la RDC enregistre plus de 5,61 millions de déplacements internes. Parmi les 26 provinces, le Sud-Kivu se concentre à lui seul près de 44 % de ces personnes, confirmant ainsi l’ampleur de la crise dans cette partie de l’Est du pays.
Entre janvier et février 2026, plus de 300 000 nouvelles personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers, principalement dans les provinces du Sud-Kivu, du Nord-Kivu et du Tanganyika. Selon OCHA, ces déplacements de massifs sont essentiellement liés à la recrudescence des affrontements armés.
Des retours timides malgré l’insécurité
Paradoxalement, le Sud-Kivu figure également en tête des provinces enregistrant le plus grand nombre de retours de déplacés vers leurs zones d’origine. Ces retours interviennent souvent dès l’apparition d’une accalmie, même fragile.
Selon Ocha, les provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu concentrent respectivement 67 % et 20 % de ces mouvements de retour, illustrant à la fois la résilience des populations et la précarité persistante de leur situation.
Malgré ces dynamiques de retour interne, la question du rapatriement des réfugiés congolais vivants notamment au Burundi reste en suspens. De nombreux candidats au retour attendent encore la validation du cadre tripartite entre le Burundi, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et la RDC.






