Près de deux semaines après le plébiscite de Modeste Bahati Lukwebo, un bicéphalisme semble couvert au sein de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo (AFDC).
Un groupe réclamant du collège des fondateurs de cette formation politique a annoncé, mercredi 25 mars à Kinshasa, la destitution du président national du parti, Bahati Lukwebo.
Ces frondeurs ont également désigné Clovis Otto Bahizi pour diriger une « période de transition » au sein de l’AFDC.
Ils reprochent à Bahati Lukwebo d’avoir pris des positions publiques en contradiction avec la ligne de l’Union sacrée de la Nation, sans consulter les organes du parti, et de n’être pas revenu public sur certaines déclarations jugées controversées.
« Nous désapprouvons avec la plus grande fermeté la dernière prise de position du sénateur Modeste Bahati Lukwebo au sujet de la révision de la Constitution, des propositions qui s’écartent gravement de la ligne politique de l’Union sacrée de la Nation. Ils exposent toute la classe politique congolaise, qualifiée par lui d’irresponsable et d’immature, comme s’il n’en faisait plus partie. Nous déplorons la gestion autocratique du parti où le président est l’unique décideur, tant sur les options politiques que sur la gestion des finances et du patrimoine, reléguant cadres et membres au rôle de simples exécutants », a indiqué Clovis Otto.
Réaction de la direction du parti
En réaction, le secrétaire général adjoint de l’AFDC a rejeté cette annonce, la qualificative de « théâtre », affirmant que ces actes posés par des individus « sans qualité ni titre » n’engagent en rien le parti.
Jean-Claude Phukuta rappelle que l’AFDC compte 263 membres fondateurs, et qu’Otto Bahizi « ne peut en aucun cas engager les 262 autres ».
Il précise également que le congrès ordinaire, auquel Clovis Otto Bahizi avait d’ailleurs participé, avait désigné Bahati Lukwebo comme président statutaire du parti pour un mandat de cinq ans.
« Nous ne pouvons pas comprendre qu’aujourd’hui quelqu’un s’aventure à s’autoproclamer président. Par quel mécanisme ? En tout cas, cela ne passe pas », a-t-il noté.
Le secrétariat général du parti annonce par ailleurs avoir saisi la justice contre les personnes impliquées dans cette « manœuvre ».






