Finale du groupe D, duel des poids lourds, choc des géants ou des titans, toutes les expressions sont bonnes pour qualifier ce match de la deuxième journée de la phase des groupes de la CAN 2025, entre le Sénégal et la RDC. C’est l’un des duels les plus attendus du week-end, aux côtés de Cameroun vs Côte d’Ivoire. Si tout le monde voit cette rencontre comme le plus grand heurt du groupe D, les acteurs, eux, essayent de temporiser, mieux de relativiser. Se cacher derrière une tempérance un peu trop transparente pour ne pas dévoiler leurs vraies intentions, la stratégie est bien trouvée.
Le cache-cache comme à la belle époque
En conférence de presse davant-match ce vendredi, les coachs de deux équipes ainsi que les joueurs Gana Gueye et Samuel Moutoussamy ont trouvé des mots pour diluer l’ampleur d’une rencontre que les destin a déjà chargé d’enjeux. Des mots doux, mesurés, chacun essayant de dissimuler son ambition et ce qu’il pense réellement du match. Les journalistes ont assisté à ce jeu de cache-cache entre Sébastien Desabre et Pape Thiaw.
« C’est un deuxième match du groupe de la CAN…» balançait Sebastien Desabre, amortissant publiquement une pression inéluctable. « Ceci est un autre différent, dans une compétition différente…ce qui est passé est déjà passé » réagissait de son côté, Pape Thiaw sans en dire plus ni assumer pleinement le statut de favori dont s’affublent toujours les Lions de la Teranga contre les Léopards.
Garder l’enjeu dans les limites du jeu !
Même si l’enjeu du match est évidemment trop grand, personne ne veut le laisser dépasser les limites du jeu. Ça reste un match de football, quel qu’en soit le contexte. « On ne va jouer avec un esprit de revanche » a déclaré Moutoussamy. La revanche est pourtant le mot attaché à ce match, car les souvenirs du dernier passage du Sénégal à Kinshasa sont encore frais dans les têtes congolaises. Difficile voire impossible d’affronter le Sénégal sans penser à cet événement qui a eu tout d’un séisme au Stade des Martyrs de Kinshasa.
Le Sénégal est mieux armé et peut-être plus fort sur papier, mais reste conscient que ce n’est pas la même équipe de la RDC qu’il a battue en septembre dernier. « La RDC a beaucoup progressé depuis que nous l’avons affrontée […] » reconnaît Pape Thiaw. Un discours équilibriste, pour se garder de proclamer une supériorité sénégalaise qui risque d’être mise à l’épreuve. Mais au fond, les deux équipes connaissent parfaitement l’enjeu de la rencontre. Le Congo veut sa revanche et le Sénégal veut prolonger sa domination. Seulement, les mots pour assumer ces ambitions croisées semblent bien lourds à prononcer.
Isaac BAMPENDE depuis Tanger, Maroc






