L’insécurité persistante dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu) paralyse désormais l’un des principaux axes de ravitaillement de la province. Depuis plus de cinq jours, des centaines de conducteurs de motos-taxis et leurs passagers se sont bloqués de part et d’autre de la zone de combats opposant les rebelles de l’AFC-M23 aux miliciens Wazalendo.
Le blocage est total sur la route Goma–Masisi–Walikale. Selon des sources syndicales au sein de l’association des motards, la situation est particulièrement critique entre Masisi-Centre, Nyabiondo et Kibati.
Un axe vital bloqué
La portion de route dépendant du centre de Masisi à la localité de Kibati (territoire de Walikale) est le théâtre d’affrontements récurrents depuis plus d’une semaine. Cette instabilité s’est transformée en une zone “morte” pour les activités civiles.
À Kashebere (Walikale) : une partie importante des transporteurs venant de l’ouest est immobilisée dans le groupement Luberike, incapable de progresser vers Goma.
À Masisi-Centre : de nombreux motards en provenance de la capitale provinciale sont coincés, craignant pour leur vie s’ils s’aventurent vers les zones de combat.
Un désastre économique
Pour les conducteurs des motos, qui constituent le principal moyen de transport dans ces zones enclavées, le manque à gagner est colossal. La situation a forcé de nombreux motards à prendre des décisions radicales.
Il s’agit notamment de l’abandon de marchandises : face au danger, plusieurs transporteurs ont dû abandonner leurs cargaisons (denrées alimentaires, produits manufacturés) pour rebrousser chemin.
D’autres optent pour l’immobilisation prolongée de leurs moteurs. Cette situation épuise les maigres économies des passagers et des chauffeurs, coincés loin de chez eux sans ressources suffisantes.
Asphyxie dans les centres urbains
Cette coupure du trafic routier fait peser une menace directe sur le ravitaillement des centres urbains. Les affrontements entre l’AFC-M23 et les groupes Wazalendo n’asphyxient pas seulement la mobilité des personnes, mais aggravent également la précarité alimentaire dans une région déjà meurtrie par des années de conflit.
Les associations locales de la société civile appellent à une sécurisation urgente de ce tronçon pour permettre la reprise d’activités économiques et humanitaires entre les territoires de Masisi et de Walikale.






