Revue de presse de ce mercredi 3 février 2026
L’actualité politique en République démocratique du Congo est électrisée ce mercredi 4 février 2026 par les réactions en chaîne consécutives aux annonces du Chef de l’État sur le dialogue national. Alors que le pouvoir prône un forum « souverain et institutionnel », l’opposition et une partie de la société civile dont la CENCO dénoncent un format « verrouillé ».
Congo Nouveau constate une rupture consommée entre le pouvoir et l’opposition au sujet du format du dialogue national. Le trihebdomadaire rapporte que les principales forces de l’opposition rejettent catégoriquement le cadre proposé. Pour Moïse Katumbi, ce format inspire la méfiance, tandis que Martin Fayulu craint un « monologue déguisé ». Fait marquant, le journal souligne une convergence de vue surprenante sous le titre : « Mukwege-Tshisekedi : même moral ! », suggérant que malgré ses critiques, le Prix Nobel partage l’idée qu’aucun dialogue ne doit se faire dans l’impunité.
De son côté, Le Phare renchérit : « Pour le réparateur de femmes, tout dialogue doit d’abord servir à stopper l’hémorragie sécuritaire à l’Est ». Le journal souligne que pour le Prix Nobel de la paix, la cohésion nationale ne peut faire l’économie d’une condamnation ferme de l’agresseur rwandais, rejoignant ainsi la posture de fermeté affichée par Kinshasa devant le corps diplomatique le 31 janvier.
Avec un titre aux accents shakespeariens : « Tshisekedi comme Jules César : “Toi aussi, mon fils !” », Forum des As décrypte le sentiment de trahison ou de rupture qui gagne certains alliés de la veille. Ce quotidien s’interroge sur la solidité du consensus autour du Chef de l’État alors que les critiques pleuvent sur le format « institutionnel » du dialogue. Pour ce média, le risque est de voir ce forum se transformer en un duel entre le Palais et la rue.
Analysant les « lignes rouges » fixées par Kinshasa (pas de médiation étrangère, tenue sur le sol national), Le Potentiel estime que ce format s’annonce comme un acte de défi. Des chiffres tels que Delly Sesanga expriment leur scepticisme, voyant dans cette initiative un « simulacre » destiné à préserver une illusion démocratique sans toucher aux questions de fond, précise le journal.
Sur la même lancée, Africa News note que face au format du Dialogue annoncé par Félix Tshisekedi, les écuries des partis adverses montent au front, dénonçant un processus sous tutelle et appelant à une véritable porosité des opinions, pas à un simulacre de concertation.
7sur7.cd rapporte que « Ensemble pour la République rejette le format et pose ses conditions ». Le média en ligne détaille la position radicale du parti de Moïse Katumbi. Pour cette formation politique, le dialogue ne peut être piloté par les institutions actuelles dont elle conteste la légitimité. Ensemble pour la République exige un médiateur neutre et un ordre du jour axé sur les réformes électorales et la fin du harcèlement politique.
Actualité.cd indique que cette position d’Ensemble est également partagée par LAMUKA, qui refuse un dialogue piloté par les seules institutions en place. Le média relaye aussi l’avis tranché de la députée Colette Tshomba, pour qui « il faut briser le cycle de la prise du pouvoir par les armes en excluant tout groupe rebelle de la table des discussions ».
Enfin, Le Quotidien conclut en mettant en lumière la fracture avec l’Église. À la suite des réserves de la CENCO sur le format du dialogue tel que préconisé par le Président Tshisekedi, le journal annonce que le Courant des Nationalistes Congolais (CNC) s’en prend chaleureusement au Secrétaire général de la conférence épiscopale. Mgr Shole est accusé d’avoir ramer à contre-courant de l’unité nationale en exigeant un format différent de celui proposé par le Chef de l’État.





