Les frappes de drones à Goma, qui ont fait trois morts, continuent de retenir l’attention de la presse kinoise. Ce vendredi 13 mars 2026, les gros titres ne se limitent plus au récit des faits : ils analysent désormais les répercussions diplomatiques et les pressions croissantes exercées sur le gouvernement et la communauté internationale.
Congo Nouveau : « Frappes de Goma et mort d’une humanitaire : un dossier embarrassant pour le gouvernement »
Le tri-hebdomadaire, Congo Nouveau, souligne la position délicate de Kinshasa, qui doit à la fois gérer l’émotion nationale après la mort de civils et répondre aux interrogations sur la vulnérabilité de l’espace aérien de la capitale du Nord-Kivu. Le journal rapporte que l’exécutif national, par la voix de son porte-parole Patrick Muyaya, s’est engagé à contribuer activement à l’établissement des faits, tout en réitérant l’attachement de la RDC au respect du droit de la guerre.
Sur le front diplomatique, l’indignation dépasse les frontières nationales. Africa News barre sa Une avec ce constat amer : « Des humanitaires paient le prix fort à Goma ».
Le journal met en lumière le plaidoyer musclé de la Première ministre Judith Suminwa. Depuis New York, devant les Nations Unies, la cheffe du gouvernement congolais a “cogné”, selon les termes de notre confrère, en déclarant que « l’impunité est un choix que la communauté internationale peut décider de ne plus tolérer ». Pour Africa News, c’est un appel direct à des sanctions contre ceux qui violent les zones civiles.
Cette indignation est relayée par Actualite.cd : « Frappes de drones à Goma : « les attaques contre des zones civiles sont inacceptables, les États-Unis disent attendre de toutes les parties au conflit qu’elles respectent leurs engagements »
Ce média qui cite plusieurs chancelleries occidentales. Pour ces partenaires, les attaques contre des zones civiles sont tout simplement « inacceptables ». Le média en ligne précise que l’Union Africaine est également sortie de son silence. Ajoutant que selon un bilan provisoire communiqué par la rébellion de l’AFC/M23, trois morts ont déjà été enregistrés. Après une longue période de silence, le gouvernement congolais a indiqué que des enquêtes étaient en cours pour déterminer les circonstances exactes des explosions survenues à l’aube dans la ville de Goma, dans l’est du pays, qui ont fait plusieurs victimes, dont une employée de l’Unicef.
Mais attention aux manipulations, prévient Infos 27. Dans son édition du jour, le quotidien titre : « Goma : marche forcée et manipulation, le M23 et Kigali peinent à masquer leur mise en scène ».
Le journal analyse les tentatives du groupe rebelle pour rejeter la faute sur les forces loyalistes, qualifiant leurs déclarations de « théâtre médiatique » visant à brouiller les pistes alors que des enquêtes internationales sont réclamées de toutes parts.
De son côté, 7sur7.cd note : « Frappe de drone à Goma : l’Union africaine condamne et appelle au respect des accords de cessez-le-feu »
Il rapporte que l’organisation panafricaine condamne fermement ces frappes et appelle, une nouvelle fois, au respect strict des accords de Luanda et de Nairobi, restés jusqu’ici lettre morte.
Le média indique que le président de la Commission de l’Union africaine (CUA), Mahmoud Ali Youssouf, a exprimé sa « profonde préoccupation » après la frappe de drone signalée à Goma, dans la province du Nord-Kivu, en République démocratique du Congo. Cette attaque a coûté la vie à des civils, dont une travailleuse humanitaire française, et provoqué des dégâts dans des zones résidentielles.
Dans un communiqué publié, jeudi 12 mars 2026, le président de la CUA a condamné « fermement » cette attaque, rappelant qu’elle constitue une violation du droit international humanitaire et qu’elle met en danger la vie des civils et du personnel humanitaire. « Nous condamnons avec la plus grande fermeté toute attaque visant des civils et des acteurs humanitaires », a-t-il déclaré.






