Le gouvernement de la République démocratique du Congo assure suivre « avec une attention particulière » la situation des ressortissants congolais bloqués au Moyen-Orient, où les frappes iraniennes contre des cibles stratégiques américaines ont provoqué la fermeture partielle ou totale de plusieurs espaces aériens, plongeant de nombreux voyageurs dans l’incertitude.
Lors du Conseil des ministres du vendredi 6 mars, la Première ministre Judith Suminwa a fait savoir que les services des Affaires étrangères, en collaboration avec les missions diplomatiques, surveillent en temps réel l’évolution de la situation sécuritaire dans les pays concernés, avec une attention sur la situation des ressortissants congolais, qu’il s’agisse de résidents, de travailleurs temporaires, de commerçants ou des touristes. À ce stade, aucune victime congolaise n’a été signalée.
Espaces aériens fermés : évacuations impossibles pour l’instant
La cheffe du gouvernement reconnaît que les opérations d’évacuation sont, pour l’instant, quasi impossibles, la plupart des États de la région ayant soit fermé leur espace aérien, soit instauré des restrictions de déplacement, voire des mises à l’abri strictes.
Ces mesures, imposées par les autorités locales pour limiter les risques en cas de nouvelles frappes, réduisent fortement les marges de manœuvre des ambassades pour une prise en charge directe.
Un plan d’assistance en préparation
Alors que les marges d’intervention immédiate restent limitées, Kinshasa prépare déjà la phase suivante.
La Première ministre a instruit le ministre d’État aux Affaires étrangères de :
recueillir un état des lieux précis du nombre de Congolais présents dans les pays touchés ; évaluer les capacités réelles des missions diplomatiques pour une assistance d’urgence ; Formuler des recommandations concrètes afin de préparer un mécanisme d’assistance renforcé dès que les conditions sécuritaires permettront des actions plus suggérées.
Ce travail de recensement et de planification vise à garantir une réaction rapide et coordonnée dès la réouverture des espaces aériens et l’assouplissement des restrictions locales.
Le gouvernement promet une réaction dès que possible
Judith Suminwa affirme que le gouvernement « demeure déterminée » à agir dès que les conditions opérationnelles le permettront, présente le rôle crucial des ambassades pour maintenir le contact avec les ressortissants et transmettre les consignes officielles en temps réel.
Le témoignage d’un Congolais bloqué à Dubaï rappelle l’urgence
Vendredi 5 mars, Radio Okapi relayait le témoignage poignant d’un Congolais bloqué à Dubaï, incapable de rentrer après la fermeture simultanée des aéroports de Doha et de Dubaï.
Son vol annulé, ses économies épuisées, il dit avoir dû passer plusieurs heures dehors, courir d’hôtel en hôtel pour trouver un logement bon marché, et solliciter l’ambassade qui lui a demandé de remplir un formulaire de recensement, comme d’autres voyageurs congolais en difficulté.
Ce récit illustre la détresse croissante de plusieurs compatriotes dans les pays du Golfe et renforce l’urgence d’un dispositif d’assistance que le gouvernement dit préparer.






