La décision du gouvernement congolais oblige les opérateurs de jeux d’argent à se conformer à leurs obligations fiscales susciter des débats houeux à Kinshasa. Entre volonté de renflouer les caisses de l’État et crainte de « tracasseries fiscales », les tenanciers de casinos, de maisons de loterie et de pari affichent des positions divergentes.
Dans un communiqué daté du 5 mars, le ministère des Finances a rappelé que toutes les entreprises opérant dans les paris sportifs, les casinos, les loteries et les concours de pronostics sont soumises aux dispositions fiscales en vigueur. Les opérateurs ont désormais jusqu’au 31 mars 2026 pour se mettre en règle, sous peine de sanctions.
Deux catégories de taxes visées
Le rappel du ministère des Finances porte sur deux prélèvements spécifiques : La taxe sur l’autorisation d’exploitation d’une entreprise de jeux de hasard ; La taxe appliquée aux gains réalisés par les joueurs.
Cette mesure est loin de faire l’unanimité. Si certains y voient une étape nécessaire vers la formalisation du secteur, d’autres dénoncent une pression fiscale qui pourrait mettre en péril l’équilibre économique de ces entreprises.
Entre crainte de faillite et devoir civique
Pour une fête des parieurs et entrepreneurs rencontrés dans les casinos et salon de pari de la capitale, cette pression fiscale est perçue comme une « tracasserie » de trop. Ils craignent que ces taxes ne découragent les investisseurs dans un secteur qui emploie aujourd’hui de nombreux jeunes Congolais.
À l’opposé, certains dirigeants du secteur voient dans cette mesure une opportunité pour l’État de financer sa politique. Un responsable de la société Ngenge Sport, consulté par Radio Okapi, soutient la démarche :
« Cette mesure permettra de renflouer les caisses de l’État en lui donnant les moyens de sa politique. Il est normal que chaque acteur économique contribue au Trésor public. »
Le gouvernement reste ferme sur le calendrier. Passé le délai du 31 mars 2026, les services fiscaux entameront des contrôles rigoureux. Les contrevenants s’exposent à des sanctions allant de fortes amendes à la suspension de leurs licences d’exploitation.





