Le Centre de santé de référence d’Eringeti, dans le territoire de Beni (Nord-Kivu), traverse une crise de prise en charge médicale sans précédent. Débordée par l’arrivée massive de femmes déplacées et issues de communautés vulnérables, la structure manque cruellement de lits et de matériel pour assurer des accouchements sécurisés.
Situé dans la zone de santé d’Oicha, à 60 km de Beni, ce centre est devenu le point de chute de centaines de femmes déplacées venant d’Eringeti et des villages de l’axe Eringeti-Luna-Komanda. Cependant, la capacité d’accueil est largement dépassée par la réalité du terrain.
140 accouchements pour seulement 25 lits
Le constat dressé par Jonas Kakule, infirmier titulaire du centre, est alarmant : la structure enregistre entre 120 et 140 accouchements par mois, alors qu’elle ne dispose que de 25 lits de maternité.
« Les 25 lits sont insuffisants, et le matériel que nous utilisons est limité : nous n’avons que huit paquets d’accouchement pour 140 mamans, c’est vraiment trop peu », déplore-t-il.
Cette saturation affecte également le service de néonatologie, où le personnel doit soigner les nouveau-nés malades avec les « moyens du bord ». En cas de complications graves, les mères et leurs enfants doivent être transférés vers l’hôpital général de référence d’Oicha, situé à plusieurs kilomètres de là.
Précarité extrême des patientes
Outre le manque de matériel, le centre fait face à l’insolvabilité d’une grande partie de ses patientes. Parmi elles figurent de nombreuses femmes déplacées de guerre ainsi que des femmes membres de la communauté pygmée.
Ces patientes n’ont aucun moyen financier pour payer les frais médicaux ou les kits d’accouchement, ce qui fragilise davantage l’équilibre financier de la structure sanitaire.
Face à cette situation critique, l’infirmier titulaire sollicite une intervention urgente du Gouvernement et des partenaires humanitaires.
De son côté, le médecin chef de la zone de santé d’Oicha assure avoir pris la mesure du problème. Un plaidoyer est actuellement mené auprès de l’inspection provinciale de la santé et des partenaires du gouvernement provincial pour renforcer les capacités de ce centre de santé stratégique.






