Les autorités gouvernementales ont lancé, mardi 4 mars à Kinshasa, les opérations de désensablement et de réhabilitation du chenal de Kingabwa, un ouvrage essentiel pour l’écoulement des eaux du fleuve Congo et la prévention des inondations récurrentes dans cette partie de la capitale.
Le lancement officiel a été effectué par le vice-Premier ministre en charge des Transports, accompagné du ministre provincial de l’Environnement, Léon Mulumba, du général Stasin Kizimu, commandant de la 14ᵉ région militaire, ainsi que du directeur général de la Régie des voies fluviales (RVF), Daniel Lwaboshi, et de son directeur technique, Cédric-Luc Tschumbu.
Sur le terrain, la délégation a constaté l’ampleur des dégâts causés par des constructions anarchiques et par un remblayage massif qui, selon les services techniques, a profondément perturbé l’hydrologie du chenal.
Un chenal asphyxié par le remblayage : ports asséchés et activités perturbées
Le chenal de Kingabwa est un passage naturel qui permet à l’eau du fleuve Congo de s’écouler. Son obstruction par du sable et des remblais a causé des inondations et l’assèchement de plusieurs ports.
Selon Cédric-Luc Tschumbu, directeur technique de la RVF, les remblais accumulés ces dernières années ont empêché l’écoulement naturel des eaux, entraînant des conséquences graves sur la navigation fluviale :
« Malheureusement, ces ports se trouvent actuellement asséchés parce que le site dans lequel nous nous retrouvons présentement a empêché la continuité du chenal. L’objectif que le gouvernement s’est fixé, c’est de pouvoir remettre le chenal de Kingabwa dans son fonctionnement normal. »
Ce blocage du chenal a entraîné l’assèchement progressif de plusieurs ports de Kinshasa et perturbé les activités portuaires essentielles au transport fluvial.
34 000 camions de sable déversés illégalement
Le ministre provincial de l’Environnement, Léon Mulumba, a dénoncé un vaste système de remblayage illégal impliquant des agents corrompus dans les services fonciers.
Selon lui, plus de 34 000 camions de sable et de gravats auraient été déversés pour créer illégalement des parcelles destinées à la construction.
« Les gens se sont amusés. C’est comme si l’État n’existait plus. Ils ont remblayé, ils ont corrompu le fleuve Congo pendant, je crois, quatre ou cinq ans. Voilà, ils sont rattrapés par la force publique. »
Ce vaste remblayage a réduit la capacité du chenal à drainer les eaux, contribuant directement à l’aggravation des inondations dans cette partie de Kinshasa.
L’espoir d’en finir avec les inondations
Plusieurs Kinois rencontrés sur place estiment que ces travaux arrivent à point nommé. Pour eux, la réhabilitation du chenal de Kingabwa pourrait enfin mettre un terme aux inondations récurrentes qui, à chaque saison des pluies, causent des dégâts matériels importants et perturbent la vie quotidienne dans plusieurs quartiers environnants.
Les opérations de désensablement marquent ainsi le début d’un chantier attendu depuis longtemps pour restaurer le fonctionnement naturel du chenal et sécuriser les habitants de Kingabwa.





