L’ancien secrétaire général aux Sports de la République démocratique du Congo (RDC), Barthélémy Okito, est décédé ce samedi matin 21 février, des suites d’une crise d’hypertension, selon des sources familiales. Homme d’État, administrateur chevronné et passionné de sport, il laisse derrière lui un héritage majeur dans le développement et l’organisation du sport congolais.
Près de trois décennies au service de l’État
Avant de rejoindre le ministère des Sports, Barthélémy Okito avait déjà derrière lui une longue carrière administrative :
4 ans au Secrétariat général à la Reconstruction 5 ans au Développement rural 13 ans à la tête du Secrétariat général aux Sports, où il a marqué durablement le secteur.
Sous son mandat, la RDC a connu deux grandes victoires remportées par les Léopards football qui ont fait vibrer tout le pays :
Dans une interview accordée en janvier 2023 à l’émission Grand Témoin de Radio Okapi, il se disait fier de ce parcours, tout en rappelant que ces succès étaient le résultat d’un travail collectif.
Un bâtisseur convaincu : “La RDC est un pays de sports”
Dans ce même entretien, Barthélémy Okito insistait sur l’urgence d’investir dans les infrastructures sportives :
« La RDC est un pays des sports. Si nous voulons avancer, chaque province doit être dotée d’infrastructures sportives modernes ».
Pour lui, le développement du sport ne pouvait se faire sans une politique nationale ambitieuse, planifiée et structurée.
Il dénonçait également la disparition progressive de la formation sportive de base :
« À mon époque, tout commençait dans les écoles : les minimes, les cadets, les juniors. C’est comme ça qu’on formait de vrais athlètes. Aujourd’hui, tout est devenu une génération spontanée ».
Il regrettait que certaines disciplines autrefois structurées – football, judo, basket-ball, arts martiaux – ne disposent plus de filières de formation solide.
Un homme aux multiples vies : du judo à la musique, de la géologie à la politique
Lors de l’émission Grand Témoin la biographie de Barthelemy Okito révèle un parcours riche et atypique.
Judoka, footballeur, musicien amateur, dirigeant sportif, technicien minier, enseignant universitaire, député provincial… Barthélémy Okito est tout connu.
Il racontait avec humour et nostalgie :
« Le destin allait toujours à contre-courant avec moi. On m’envoyait à la géologie alors que je voulais l’aménagement du territoire. Mais je me suis toujours battu pour servir ».
Il se souvenait aussi de ses débuts sportifs dans les quartiers populaires de Kinshasa, où les jeunes étaient mobilisés contre le banditisme :
« C’est nous qui avons combattu les bandits dans la ville, avec le père Bufalo. J’étais judoka, footballeur et jiu-jitsuka. On se battait pour protéger nos sœurs ».
Son influence sportive s’étend sur plusieurs provinces :
Président du cercle sportif de Dilolo Vice‑président de la ligue de football de Kisangani Dirigeant de clubs et formateur dans plusieurs disciplines Enseignant à l’Université de Kisangani
Un héritage immense dans le sport congolais
Barthélémy Okito restera comme l’un des secrétaires généraux aux Sports les plus marquants de l’histoire récente du pays.
Son nom demeure associé à deux sacres continentaux, mais aussi à une vision claire : « la reconstruction du sport congolais passe par la formation, les infrastructures et la discipline administrative ».
Au-delà des structures, il aura formé et inspiré plusieurs générations de dirigeants, d’athlètes et de cadres.
Il laisse le souvenir d’un homme rigoureux, passionné, engagé, profondément attaché à la République démocratique du Congo.
Réécouter son entretien avec Alain Irung : /sites/default/files/2026-02/210123-pf-grand_temoin_sg_okito-00_pad_site_0.mp3






