Résumé
Cet article examine le risque d’insolvabilité souveraine de la République démocratique du Congo (RDC), en mettant l’accent sur la dépendance structurelle aux exportations de cuivre et de cobalt. Bien que les indicateurs récents suggèrent une stabilité macroéconomique relative — ratio dette/PIB modéré, amélioration du solde courant et accumulation progressive de réserves — cette situation demeure fortement tributaire de la conjoncture minière.L’analyse montre que la vulnérabilité ne réside pas tant dans le niveau actuel de la dette que dans la concentration et la volatilité des recettes publiques. La dynamique du cobalt, caractérisée par une forte instabilité et l’incapacité à retrouver le pic de 2022, illustre ce risque asymétrique. Un choc négatif prolongé sur les prix des minerais pourrait affecter simultanément la croissance, les recettes fiscales, le solde courant et la trajectoire de la dette.L’article conclut que la RDC fait face à un risque latent plutôt qu’immédiat d’insolvabilité, appelant à une gestion budgétaire contracyclique, à la diversification économique et au renforcement des amortisseurs macroéconomiques.
1. Introduction – Dépendance minière et vulnérabilité macroéconomique en RDC
La République démocratique du Congo (RDC) figure parmi les économies les plus riches en ressources naturelles au monde, abritant certaines des plus importantes réserves mondiales de cuivre et de cobalt. Ces deux minerais occupent une place stratégique dans la transition énergétique mondiale, notamment dans la fabrication de batteries pour véhicules électriques et technologies vertes. Cette position privilégiée confère à la RDC un rôle central dans les chaînes de valeur mondiales. Toutefois, cette spécialisation extractive constitue également une source majeure de vulnérabilité macroéconomique.
Les données récentes issues du rapport du Fonds monétaire international (2025) montrent que la croissance économique congolaise reste fortement tirée par le secteur extractif. En 2024, la croissance du PIB réel s’est établie à 6,1 %, principalement portée par une expansion de 11,9 % du secteur extractif, tandis que le secteur non extractif progressait à un rythme nettement plus modéré. Le cuivre représente la part dominante des exportations, tandis que le cobalt, bien que plus volatil, connaît des variations de production particulièrement marquées. Cette concentration sectorielle traduit une dépendance structurelle aux recettes minières pour l’équilibre extérieur et budgétaire.
Cette dépendance se reflète dans la dynamique du compte courant et des réserves internationales. L’amélioration récente du déficit courant – projeté à 3,6 % du PIB en 2025 contre 4,2 % en 2024 – repose largement sur le maintien de volumes élevés d’exportation de cuivre et sur des prix internationaux favorables. De même, la trajectoire descendante du ratio dette publique/PIB (18,1 % projeté en 2025) s’inscrit dans un contexte d’appréciation du franc congolais et de perspectives favorables des exportations minières. En l’absence de ces conditions, la soutenabilité budgétaire pourrait être fragilisée.
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MediaCongo Dr. John M. Ulimwengu
Dr. John M. Ulimwengu






