Les élus provinciaux du Bas-Uélé tirent la sonnette d’alarme sur l’exploitation de l’or dans les territoires d’Ango et de Poko. De retour d’une mission d’enquête, ils ont accusé lundi 2 mars l’entreprise à capitaux chinois « Oasis SARL » de se livrer à une exploitation illicite et prédatrice, au mépris du Code minier congolais. Ce que rejette l’entreprise, contactée par Radio Okapi.
Le diagnostic présenté lundi à Buta par les députés provinciaux est sans appel. Selon leur déclaration, la société Oasis SARL transformerait illégalement ses permis de recherche en permis d’exploitation, violant ainsi l’article 229 du Code minier.
Un chapelet de violations environnementales et juridiques
Les élus dénoncent une gestion opaque qui sacrifie les intérêts de l’État et des communautés locales. Parmi les griefs retenus contre l’entreprise, les députés énumèrent :
- La dévastation des champs appartenant aux communautés locales ;
- Le défaut de plan d’atténuation de l’impact environnemental avant le début des travaux ;
- Le trafic d’influence exercé au nom des autorités du pouvoir central ;
- La méconnaissance des autorités coutumières locales.
Une opacité sur la production d’or
Le point le plus critique soulevé par la mission mixte (Gouvernement-Assemblée provinciale) concerne la traçabilité des ressources. Les députés affirment avoir constaté une production frauduleuse à grande échelle.
« Il s’avère que les deux sacs de sable exploité par la société Oasis Mining ayant produit plus de cinq seaux d’or sont exploités frauduleusement sans traçabilité, moins encore la présence des services attitrés », précise le rapport des élus.
Cette pratique est qualifiée d’entrave à la transparence de l’industrie minière, en violation directe de l’article 316 du Code minier.
La défense de la société Oasis SARL
Face à ces accusations graves, la direction de l’entreprise rejette toute accusation d’illégalité. Contacté par Radio Okapi, le Manager régional de la société Oasis SARL, Bienfait Milali, affirme que sa société a acquis ses titres miniers de manière tout à fait légale.
Concernant les quantités d’or évoquées par les élus, il précise que les échantillons prélevés actuellement sur le terrain servent uniquement à des fins d’expérimentation technique et non à une commercialisation frauduleuse.






