Malgré un retour massif des populations dans la chefferie de Bahema Nord, en territoire de Djugu, des milliers d’enfants restent privés de scolarité en raison de la destruction systématique des infrastructures scolaires lors des violences armées survenues il y a quelques mois. L’éducation et la demeure à l’arrêt. Face à cette situation, les notables locaux tirent la sonnette d’alarme et appellent à des actions concrètes afin d’éviter le sacrifice d’une génération entière.
Depuis novembre 2025, un souffle d’espoir traverse le littoral du lac Albert. À la faveur d’une accalmie, près de 80 % des déplacés ont regagné leurs villages de Torgesse, Joo et Gb, rapporteur des sources concordantes. Ces familles avaient eu les affrontements entre les Forces armées de la RDC (FARDC) et les miliciens de la Convention pour la Révolution Populaire (CRP).
Cependant, ce retour à la normale se heurte à un paysage de désolation : les infrastructures sociales de base, et particulièrement les écoles, ont été incendiées ou pillées durant les conflits.
Des ruines en guise de salles de classe
Sur place, le constat est amer pour les parents et les dirigeants communautaires. Les rares bâtiments encore debout ne sont plus que des ruines instables qui n’offrent aucune sécurité pour les élèves. Cette situation dure depuis plusieurs années, privant les jeunes de leur droit fondamental à l’instruction.
« Les bâtiments n’inspirent pas confiance aux parents, qui hésitent à y envoyer leurs enfants », déplorent les notables de la région.
Appel au Programme des 145 territoires
Face à cette situation, les forces vives de Bahema Nord lancent un appel au Gouvernement congolais et aux organisations humanitaires. Ils préconisent notamment :
La reconstruction immédiate des écoles via le Programme de développement des 145 territoires. Une intervention humanitaire pour fournir des structures temporaires d’apprentissage. La sécurisation durable de la zone lacustre pour garantir la pérennité des infrastructures reconstruites.
L’objectif affiché par les notables est clair : « sauver l’avenir de milliers d’enfants dont l’éducation est actuellement hypothéquée par les séquelles de la guerre »




