La main tendue du président de la RDC, Félix Tshisekedi, à son homologue rwandais Paul Kagame a suscité de vives critiques au sein de l’opposition politique congolaise, ce vendredi 10 octobre. Vingt-quatre heures après le discours de Félix Tshisekedi appelant Paul Kagame à faire la paix, certains opposants estiment que cette démarche reflète une « absence de vision claire et une incohérence politique ».
Claudel André Lubaya a dénoncé la « versatilité » du président, la qualifiant d’« ambiguïtés diplomatiques » et de « retournements ridicules », en rappelant les déclarations antérieures belliqueuses de Tshisekedi à l’égard du Rwanda. De « la moindre escarmouche » à la main tendue la plus « inattendue », s’exclame M. Lubaya.
Olivier Kamitatu, proche de Moïse Katumbi, aujourd’hui en exil, a quant à lui qualifié les paroles du président Tshisekedi de « mots vides » et de « prières sans foi », affirmant que la paix véritable doit venir d’un dialogue inclusif entre Congolais, comme proposé par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC), plutôt que de paroles adressées à des puissances étrangères.
La coalition politique Lamuka, par la voix de son porte-parole Prince Epenge, s’interroge sur la cohérence du président de la République, l’accusant de proposer la « paix des braves » à Paul Kagame, qualifié de « pyromane d’hier », tout en favorisant la confrontation avec les Congolais. Lamuka demande le retour urgent de Félix Tshisekedi au pays pour instaurer « la paix des braves » avec ses compatriotes.
En réponse à ces critiques, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a réaffirmé que la paix est un choix assumé par le président depuis son accession au pouvoir. Par ailleurs, Tina Salama, porte-parole de Félix Tshisekedi, a insisté sur l’importance de cette initiative, qu’elle qualifie de « choix moral et politique clair » adressé au Rwanda, qui doit décider entre poursuivre l’agression ou saisir la main tendue pour la paix.
Elle a souligné que cette démarche s’inscrit dans la continuité de la politique diplomatique de paix et de bon voisinage que prône la RDC.






