Cinq ans après l’introduction du système Licence-Master-Doctorat (LMD) dans l’enseignement supérieur en République démocratique du Congo, la réforme continue de susciter des débats au sein de la communauté universitaire. Présenté comme un moyen d’aligner les universités congolaises sur les normes internationales, ce modèle fait l’objet d’appréciations contrastées de la part des enseignants, chercheurs et étudiants.
Pour certaines universitaires, le système LMD constitue avant tout une innovation qui demande du temps pour être pleinement compris et maîtrisé.
Une réforme qui nécessite du temps d’apprentissage
Le professeur Achille Bunjoko estime que l’introduction du LMD doit être analysée comme un processus d’innovation qui implique une phase d’adaptation.
« Le système LMD doit d’abord être considéré comme une innovation. Dans notre système éducatif, il faut saisir les paramètres : ses caractéristiques, sa nature et ses exigences. Ensuite, il faut suivre cette innovation à travers l’évaluation », explique-t-il.
Selon lui, certaines difficultés rencontrées aujourd’hui relèvent d’un manque de maîtrise du processus d’apprentissage. « Une innovation ne peut pas être totalement maîtrisée en seulement cinq ans », souligne l’enseignant.
Des critiques sur les conditions de mise en œuvre
D’autres voix se montrent beaucoup plus critiques cependant. Le chercheur Antoine Betshindo, de l’Université pédagogique nationale, estime que la réforme a été appliquée sans respecter plusieurs éléments essentiels préalables.
Selon lui, l’absence d’équipements adaptés et le manque de formation des enseignants ont fragilisé l’implantation du nouveau système. Il considère ainsi que le LMD peine encore à répondre aux attentes initiales et qu’il risque de fragiliser davantage l’enseignement supérieur s’il n’est pas réajusté.
Du côté des étudiants, les opinions restent également partagées. Certains confèrent les avantages du système, notamment en matière d’organisation des cycles d’études, tandis que d’autres évoquent des difficultés d’appropriation. Plusieurs étudiants déplorent notamment le manque d’habitude de recherche documentaire et la faible fréquentation des bibliothèques universitaires.
Face à ces constats, plusieurs acteurs du monde académique plaident désormais pour une évaluation approfondie de la réforme. Cinq ans après son instauration, ils appellent à des ajustements afin de mieux adapter le système LMD aux réalités de l’université congolaise.






