Entre 10 et 35 dollars pour une pose d’ongles artificiels, contre 1 500 à 3 000 francs congolais pour un vernis classique. À Kinshasa, cet écart de prix n’empêche pas l’essor fulgurant des vernis permanents et des poses en gel, devenus incontournables dans le quotidien de nombreuses femmes.
Dans plusieurs communes de la capitale, la pose d’ongles artificiels s’impose désormais comme une véritable tendance. Vernis permanent, gel et manucures sophistiquées attirent une clientèle de plus en plus large, soucieuse de soigner son apparence et de rester à la mode.
Une tendance en pleine expansion
Le métier de prothésistes ongulaires (vernisseur) connaît une croissance notable dans la ville. Aujourd’hui, près de huit femmes sur dix optent pour ces techniques modernes, dont la tenue peut aller d’un à deux mois, voire davantage, selon certains tenanciers de salons de beauté.
Une prothésiste ongulaire professionnelle basée à Lingwala confirme cette popularité grandiose :
« La demande est très forte. Les clientes veulent des ongles durables et esthétiques. C’est devenu une habitude pour beaucoup. »
Un gain de temps qui séduit les clients
Pour les adeptes, l’un des principaux avantages reste le gain de temps. Plus besoin de refaire régulièrement sa manucure : une seule pose peut durer plusieurs semaines.
« Ça me fait gagner du temps. Je n’ai pas à refaire mes ongles chaque semaine, c’est pratique », confie une habituée.
Malgré le coût plus élevé, les clients affirment adapter leur choix à leurs moyens, privilégiant la durabilité du résultat.
Des dermatologues tirent la sonnette d’alarme
Mais derrière cet engouement, des inquiétudes émergentes. Les spécialistes alertent sur les effets nocifs de ces pratiques lorsqu’elles sont prolongées.
La dermatologue Grâce Abedi met en garde contre les risques liés aux vernis permanents et au gel :
« L’utilisation prolongée peut fragiliser les ongles naturels, provoquer des irritations de la peau, voire favoriser certaines infections. »
Entre désir d’esthétique et préoccupations sanitaires, les femmes de Kinshasa doivent désormais arbitrer, rappelle la dermatologue.
Si la tendance ne cesse de gagner du terrain, le dermatologue recommande toutefois une utilisation modérée et un suivi rigoureux pour éviter des conséquences sur la santé.






