Entre espoir fragile et désillusion, la situation humanitaire dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu, demeure critique et continue de se dégrader semaine après semaine, notamment dans les localités de Bambo, Kishishe, Katsiro, Kabizo, Bambo-centre et Nyanzale, d’après des sources locales. Les autorités sur place soulignent que les violences récurrentes, les déplacements massifs de populations et l’absence d’assistance humanitaire plongent des milliers de familles dans une précarité extrême et une profonde incertitude, tout en espérant une accalmie.
Plus de la moitié des habitants ont fui leurs villages environnants pour se regrouper à Bambo, considéré comme un centre un peu plus sécurisé.
Entre espoir et désillusion
Cependant, dans cette contrée supposée plus sécurisée les conditions de vie restent précaires, brisant l’illusion des déplacés qui souhaitaient retrouver un havre de paix. Isaac Kibira, notable de Bambo, décrit la situation comme catastrophique et lance un appel pressant aux organisations humanitaires pour qu’elles renforcent l’aide d’urgence, « afin d’éviter une catastrophe humanitaire ».
Il explique que des bananeraies, des champs de maïs et de manioc ont été détruits le long des routes menant aux différents groupements, voire même à l’intérieur des champs, privant la population locale et les déplacés de leurs moyens de subsistance et les plongeant dans les moments les plus difficiles de leur vie, exposant de nombreuses familles à la famine.
Il précise : « Car ces derniers temps, la population locale n’a pas cultivé suite aux différentes opérations, et cela causerait toujours de la famine dans la zone. Nous demandons aux humanitaires de bonne volonté de pouvoir passer dans la zone et que le gouvernement puisse collaborer avec ces humanitaires pour qu’ils viennent à la rescousse aux rescapés et autochtones, en tout cas qui sont dans une situation humanitaire sans précédent ».
Les sources humanitaires confirment que l’accès à la zone reste extrêmement compliqué en raison de l’insécurité persistante, entravant sérieusement l’acheminement de l’aide nécessaire.
Appel à l’action
Dans ce contexte ambivalent, marqué par des attentes d’une vie meilleure non réalisées, Isaac Kibira appelle le Gouvernement à fournir davantage d’efforts pour créer un environnement protecteur, permettant ainsi le retour des déplacés désespérés dans leurs villages et la reprise normale de leurs activités.






