Les mines antipersonnel et les restes explosifs de guerre continuent de représenter une grave menace pour les populations civiles en Ituri. Ces moteurs comportent la sécurité, limitant l’accès aux terres agricoles et aux infrastructures, et freinent le retour des personnes déplacées, a indiqué vendredi 3 avril 2026 le Service de lutte antimines des Nations unies (UNMAS), affirmant avoir recensé 357 zones contaminées à travers la RDC.
La situation des mines antipersonnel et des restes explosifs de guerre demeure préoccupante en République démocratique du Congo. Au total, 357 zones contaminées ont été identifiées, principalement dans l’Est du pays, en raison de l’activisme des groupes armés affrontant les FARDC.
En Ituri, la découverte d’engins explosifs est devenue fréquente, notamment dans les territoires de Djugu et d’Irumu. Selon des sources sécuritaires, environ 25 moteurs ont déjà été neutralisés depuis le début de l’année 2026.
D’autres moteurs restent toutefois présents dans des zones difficiles d’accès en raison des opérations militaires en cours, notamment à Jiba, Fataki et Bule. Leur destruction est attendue par les équipes du Service de lutte antimines des Nations unies et leurs partenaires.
Selon UNMAS, ces moteurs continuent de menacer la sécurité des populations, d’entraver l’accès aux terres agricoles et aux infrastructures, et de ralentir le retour des déplacés.
Face à cette situation, les Nations unies intensifient les actions de sensibilisation pour alerter les communautés aux dangers liés à ces explosifs. Elles insistent également sur l’importance de la prévention, de la réduction des risques et du renforcement de la prise en charge nationale. Investir dans la lutte antimines, conclure l’agence, c’est les civils, favoriser la reconstruction et contribuer à une paix durable.
Des acteurs nationaux et internationaux se mobilisent à Kinshasa
La Journée internationale de sensibilisation à la lutte antimines est célébrée ce samedi 4 avril. Deux auparavant, l’ambassade de Belgique a réuni à Kinshasa des experts, des diplomates, des humanitaires et des structures de protection pour une rencontre consacrée à un enjeu crucial : ”renforcer l’action contre les mines en RDC”.
A cette occasion, le Gouvernement congolais, via le Centre congolais de lutte antimines (CCLAM) a rappelé son engagement.
« Le Centre congolais de lutte contre les mines est une structure de l’État chargée de réduire l’impact humanitaire et social des mines antipersonnel. Cette journée du 4 avril vise à sensibiliser, mobiliser les partenaires et renforcer l’assistance aux victimes, qui reste un pilier encore faible », a affirmé Emmanuel Lokinu Omanga, coordonnateur du CCLAM.
Cependant, sur le terrain, les défis restent immenses. Charles Félix, chargé des opérations de DanChurchAid en République démocratique du Congo, en témoigne. Les mines, conçues pour exploser au contact d’une personne, bénie, tuent et restent actives des années durant. Il déplore la réduction de financements :
« Nous avons aujourd’hui plus de 43 zones identifiées comme contaminées. Mais avec la réduction des financements, nos opérations sont passées de plusieurs provinces à seulement deux. Pourtant, la menace reste bien présente et nécessite plus de moyens pour protéger les populations. »
Au-delà des chiffres, il y a des vies brisées.
Parmi les participants, l’artiste Alesh, personnellement touché par ce fléau, livre son témoignage :
« Je suis lié à cette cause à titre personnel. Mon grand frère a travaillé dans ce domaine et il est décédé. Aujourd’hui, je m’engage pour sa mémoire, mais aussi pour sauver des vies. J’appelle le gouvernement à accorder plus de moyens aux organisations qui luttent contre les mines ».
Ce 4 avril, le message est clair : derrière chaque mine, il ya une vie en danger. Investir dans la paix, c’est aussi investir dans le déminage.






