Une vingtaine de représentants des communautés riveraines du lac Kivu, au Nord-Kivu, ont officiellement remis un cahier de charges à la société américaine Symbion Power ce samedi 28 février 2026. Leur principale exigence porte sur la réalisation d’une Etude d’impact environnemental et social (EIES) rigoureuse avant tout début des travaux d’extraction dans le bloc gazier « Makelele ».
Cette mobilisation citoyenne fait suite à une série de séances de sensibilisation menées par l’ONG AICED (Appui aux initiatives communautaires de conservation de l’environnement et de développement). Si les habitants de Goma et des environs saluent l’opportunité de production électrique, ils refusent que celle-ci se fasse au détriment de leur sécurité et de l’écosystème du lac.
Prévenir les risques environnementaux
Le lac Kivu est connu pour ses concentrations massives de gaz méthane et de dioxyde de carbone, une particularité qui représente à la fois une opportunité énergétique et un risque naturel majeur. Pour les résidents, la transparence constitue une condition non négociable.
« Nous rappelons à la société Symbion Power l’obligation de respecter les dispositions légales relatives à l’étude d’impact environnemental et social, préalable à toute enquête publique. Le respect du cahier des charges et des attentes des communautés est crucial », a déclaré un représentant des habitants de Goma.
Un projet à 700 millions de dollars
Le bloc Makelele est l’un des quatre blocs gaziers délimités par le Gouvernement congolais sur le lac Kivu. La multinationale Symbion Power a annoncé, en août 2025, un investissement de 700 millions de dollars pour la construction d’une centrale électrique.
L’objectif consiste à produire près de 140 mégawatts, une énergie indispensable pour stabiliser le réseau électrique de l’Est de la RDC. Ce projet s’inscrit également dans le cadre des accords d’intégration économique signés à Washington en décembre 2025 entre Kinshasa et Kigali.
Garantir le développement durable
Pour Faustin Nyebone, coordonnateur de l’ONG AICED, l’enjeu dépasse la simple production d’électricité. Il s’agit de s’assurer que le projet profite réellement aux populations locales sur le long terme, sans hypothéquer l’avenir de la région.
« Il faut des mesures d’atténuation adaptées à ce type de projet pour relier les trois piliers du développement durable : l’économie, le social et l’environnement. Cela doit permettre aux générations futures d’en bénéficier également », a-t-il précisé.
Les communautés attendent désormais une réponse claire de la firme américaine et un engagement ferme des autorités congolaises pour superviser les enquêtes publiques avant que les premières plateformes d’extraction ne soient déployées sur les eaux du lac.






