C’est l’une des plus grandes attractions du championnat congolais depuis quelques mois. Lancé par Lamine N’diaye l’année dernière, Faveurdi Bongeli n’a pas tardé à se montrer. C’est l’histoire d’un talent qui s’exprime à travers les jambes d’un jeune joueur sorti presque de nulle part, mais dont le profil rappelle déjà un certain Solomon Asante pour des fulgurances sur les ailes. Les Corbeaux ont l’art de fabriquer les champions, certains volent plus haut et se maintiennent tandis que d’autres disparaissent dans les hauteurs. Bongeli à qui on aurait demander d’attendre son heure pour voler, puisque parti du modeste club de Belor de Kinshasa pour une équipe de Mazembe à l’exigence maximale, est pourtant déjà en l’air. Il fait des merveilles sur les ailes et martyrise les défenses adverses.
7 buts inscrits cette saison en championnat congolais, des dribbles, des passes et une élégance de jeu marquante. L’impact impressionnant de Bongeli sur le TP Mazembe est impressionnant pour son âge. Mais de qui s’inspire-t-il ? Comment s’est-il retrouvé dans le foot ? Jusqu’où veut-il aller et comment vit-il son aventure au TP Mazembe ? Se voit-il plus proche de l’équipe nationale senior ? Le Léopard U20 a répondu aux questions de Foot RDC, dans un entretien exclusif sans filtre.
Son essence: « Je viens d’une famille où le football occupe une place centrale. Mon père fut footballeur, mais également mes oncles. Ils m’ont fait aimer ce sport depuis tout petit. Je tiens ce talent d’eux, j’estime »
Sa source d’inspiration : « D’une manière directe, je dirais que personne ne m’a vraiment inspiré vu que j’étais tombé amoureux du football depuis tout petit sans réelle conscience de ce que ça signifiait exactement pour moi. Je dérangeais sérieusement mes parents pour avoir un ballon de football. Si ma famille y est pour beaucoup, Cristiano Ronaldo et Neymar Jr m’ont beaucoup fasciné en grandissant»
Son adaptation au TP Mazembe : « Je pense que mon rôle au sein de l’équipe prouve que je me suis facilement adapté. Je n’ai pas eu de difficultés à embrasser la philosophie de l’équipe même si je sais que je n’ai pas encore atteint les attentes placées en ma personne par les dirigeants du club. Je n’ai encore rien fait de grand pour ce club ».
Les hommes dans l’ombre de sa montée en puissance chez les Corbeaux: « A mon arrivée chez le TP Mazembe, j’ai été accueilli et aidé par les aînés du club que je considère comme mes papas, car les choses seraient certainement difficiles sans eux. Le coach Lamine Ndiaye, les légendes Trésor Mputu, Robert Kidiaba, Reinfort Kalaba et Kasusula m’ont énormément aidé. C’est eux mes hommes de l’ombre »
Ses rapports avec Lamine N’diaye : « Lamine Ndiaye n’est pas qu’un coach pour moi mais c’est aussi un père. Nous partageons une parfaite relation d’entraîneur-joueur mais aussi de père et fils. Le fait qu’il m’ait fait confiance en me donnant ma chance prouve qu’il croit en moi. C’est une excellente personne ».
L’état d’esprit du groupe et l’ambition collective pour la saison en cours : « Nous avons une bonne équipe cette saison, un groupe soudé qui avance avec la vision d’aller chercher le trophée à la fin de la saison. Nous avons certes connu une avancée mais le plus dur reste à faire lors de la phase retour qui a déjà commencé et les play-offs également ne seront pas du tout faciles. Mais nous avons le mental pour réaliser une saison inoubliable ».
Son plus proche ami dans le vestiaire : « À la base, je suis proche de tout le monde dans l’équipe mais surtout à Elie Madinda avec qui je partage une bonne amitié ».
Son but à la 94e minute au stade des Jeunes de Katoka contre Tshikas pour sceller une victoire précieuse de son équipe : « Je suis content de mon exploit ce jour-là à Kananga contre Tshikas et je pense refaire mieux la fois prochaine. Je travaille pour être professionnel afin d’aider mon équipe, car le footballeur de haut niveau ne doit pas se plaindre peu importe les conditions. Même s’il reste 3 minutes ou 45 secondes, un joueur professionnel doit toujours donner son maximum pour délivrer son équipe. Je rêve de rentrer prochainement alors que mon équipe passe par un match difficile et délivrer 2 ou 3 buts ».
Le match référence de sa jeune carrière: « Le match contre Mouloudia d’Alger en League des champions africaine reste pour le moment le match référence de ma carrière, car c’est de là que ma carrière avec les Corbeaux avait pris une autre dimension. J’avais l’impression de marcher sur l’eau lors de ce match et cela m’avait valu par la suite la confiance du staff technique ».
Les Léopards Seniors dans un coin de la tête ?: « Rien n’est encore bien fait pour le moment, de ma part mais je travaille pour atteindre le niveau de défendre mon pays aux côtés d’autres talents. J’ai eu des opportunités avec les U17 et U20, et je continue à travailler pour gagner ma place chez les seniors ».
Son sentiment sur sa non-sélection lors du dernier CHAN : « Le fait de ne pas être retenu pour le CHAN était une grande déception de ma part. De toutes les façons, tout le monde ne pouvait pas partir, car on ne prenait que les meilleurs, et le coach avait estimé que je n’étais pas dans une meilleure forme pour défendre ma nation. C’est une déception qui m’a appris et construit ».
Ce que représente le maillot du TP Mazembe: « Je suis fier de porter ce maillot des Corbeaux, un club légendaire du Congo. C’est une fierté de figurer dans le même palmarès que toutes ces légendes qui sont passées par ici ».
Ce qui lui manque en ce moment: « Ma famille me manque. Ma mère, mes frères et sœurs me manquent. Mais à l’exception de ça, je n’ai rien de quoi me plaindre ».
Son ambition personnelle: « Aujourd’hui je suis joueur du TP Mazembe mais demain je ne sais pas ce que Dieu prévoit. Mon souhait est de goûter au football européen mais je ne fais pas de cela mon obsession, car j’ai des objectifs à atteindre avec le TP Mazembe ».
Son club de rêve en Europe ? : « Je n’en ai pas du tout. Si une opportunité d’évoluer dans les cinq meilleurs championnats d’Europe m’est accordée, j’accepterai. Je sais toutefois que cela passe par mon sérieux et ma détermination chez le TP Mazembe, car il est une vitrine mondiale».
Entretien réalisé par Gaël Hombo






