Les consommateurs de la ville de Kisangani, dans la province de la Tshopo, font face depuis auelaues jours à une hausse sensible des prix des produits de première nécessité. Entre instabilité du courant électrique, fluctuation du taux de change et manque de contrôle, le panier de la ménagère est de plus en plus réduit.
Le constat est général dans les différents marchés de la ville : qu’il s’agisse de produits alimentaires ou manufacturés, les étiquettes s’envolent.
Pour de nombreux Boyomais, se nourrir devient un véritable défi quotidien.
Une hausse vertigineuse
Les témoignages recueillis sur place illustrent l’ampleur de la crise. Une ménagère interrogée déplore une situation devenue intenable :
« Au marché, il n’y a plus moyen de s’en sortir. Un gobelet de riz est passé de 1 000 à 1 400 francs congolais. Celui de haricot, qui coûtait 1 000 francs, se vend aujourd’hui entre 1 700 et 1 800 francs. Même le savon n’est pas épargné », confie-t-elle.
Si les détaillants pointent du doigt les grossistes, ces derniers préfèrent garder le silence. Cependant, plusieurs facteurs structurels et conjoncturels expliquent cette surchauffe :
- L’instabilité énergétique : Les moulins et autres unités de transformation, privés de courant régulier, doivent recourir au carburant, ce qui renchérit les coûts de production.
- Le taux de change : La fluctuation du dollar américain par rapport au franc congolais influence directement les prix à l’importation.
- Le contrecoup des fêtes : La rareté habituelle de certains stocks après la période de fin d’année.
Vers un retour du contrôle des prix
Pour la Division provinciale de l’Économie de la Tshopo, cette situation est aussi favorisée par un relâchement de la surveillance.
Selon le chef de division, Roger Mabonane, le moratoire sur le contrôle des prix décidé précédemment par la Primature a laissé le champ libre à certains abus de la part des commerçants.
Pour tenter de stabiliser la situation, la Division de l’économie compte relancer, dès la semaine prochaine, les contrôles hebdomadaires des prix sur l’ensemble de marchés de Kisangani afin de décourager la spéculation et de protéger le pouvoir d’achat de la population.






