Le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a annoncé mercredi 7 avril la relance imminente du processus d’indemnisation des victimes de la “guerre de six jours” à Kisangani (Tshopo). Cette reprise est toutefois conditionnée par un audit rigoureux du fichier des bénéficiaires afin d’écarter les cas de victimes fictives.
Lors d’un échange direct avec les victimes à Kisangani, le ministre a précisé que si les indemnisations collectives sont considérées comme immédiates, les paiements individuels nécessitent un assainissement préalable de la base de données.
L’objectif affiché par le Gouvernement est de garantir que les fonds publics bénéficient exclusivement aux personnes ayant réellement subi les préjudices des guerres passées.
Un audit soutenu par les bénéficiaires
Cette démarche d’identification rencontre l’assentiment d’une partie des victimes. Atex Atembone, l’une des représentantes présentes dans la salle, estime que cet audit est nécessaire pour distinguer les vraies victimes des fraudeurs. Selon elle, cette transparence permettra d’accélérer le processus pour ceux qui sont en droit de percevoir ces fonds.
Certains participants ont néanmoins plaidé pour une relance sans délai, arguant que ces fonds leur appartiennent de droit. Le ministre de la Justice a rappelé à cette occasion que ces ressources proviennent de l’État, qui a l’obligation de protéger l’ensemble de sa population, y compris les victimes, tout en veillant à la bonne gestion des finances publiques.
Hommage aux « héros dans l’ombre »
Au terme des échanges, plusieurs recommandations ont été formulées pour améliorer le processus. L’une d’entre elles propose la reconnaissance officielle des acteurs qui ont œuvré au niveau international pour porter la voix des victimes et obtenir gain de cause.
L’indemnisation des victimes de guerre à Kisangani est une question sociale majeure, attendue depuis plusieurs années par des milliers de familles. Il s’agit notamment certaines victimes de la guerre de six jours à Kisangani, survenue il y a plus de 25 ans entre les armées ougandaise et rwandaise, et qui n’ont pas encore reçu leur acompte d’indemnisation via le Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO).






