L’actualité de ce jeudi 12 mars 2026 est dominée par l’attaque de drones sur la ville de Goma, qui a fait trois morts, dont l’humanitaire française Karine Buisset, travaillant à l’UNICEF. Selon les journaux et médias en ligne de la capitale congolaise, cet incident pourrait marquer un tournant dans le conflit qui secoue l’Est de la RDC.
L’analyse de l’origine de ces tirs donne lieu à une véritable guerre de communication, comme le souligne Infos 27.
Sous le titre : « Goma : derrière la frappe de drone, les incohérences du récit de l’AFC/M23 », le journal pointe du doigt les contradictions de la rébellion. Selon ce quotidien, alors que l’AFC/M23 tente de se poser en victime auprès des médiateurs internationaux, les preuves de terrain suggéreraient une manipulation pour masquer l’origine réelle des projectiles.
À l’inverse, Actualite.cd et Actu30.cd rapportent les propositions des cadres de l’AFC/M23. Ces derniers, qui résident précisément dans le quartier Himbi, accusent Kinshasa de multiplier les survols de drones d’attaque pour procéder à des « exécutions ciblées ». Une version rejetée par le gouvernement congolais qui, selon Nouveau Média, pointe la responsabilité directe du Rwanda dans cette agression technologique.
La Tempête des Tropiques : « Est de la RDC : la guerre des drones ! », s’exclame en manchette.
Le quotidien décrit une matinée de terreur dans le quartier Himbi, une zone résidentielle de Goma. Le journal précise que les explosions ont visé des habitations civiles, illustrant une nouvelle étape dans l’utilisation de moteurs volants télécommandés sur le théâtre des opérations.
Sur le bilan humain, La Référence Plus apporte des détails précis.
Le tabloïd confirme la mort de trois personnes, dont une humanitaire de nationalité française et un agent des Nations Unies. Le journal cite le Président français Emmanuel Macron qui, via le réseau social X, a exprimé « le soutien et l’émotion de la Nation » envers la famille de la victime, tout en exigeant le respect strict du droit international humanitaire.
De son côté, Le Phare s’intéresse à la réaction de la MONUSCO. Le journal rapporte que Bruno Lemarquis, Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations Unies, a condamné « fermement » cette escalade. Le quotidien souligne une menace juridique majeure : l’ONU avertit que les attaques délibérées contre le personnel humanitaire et onusien sont susceptibles de constituer des « crimes de guerre » devant les juridictions internationales. Une équipe du Mécanisme conjoint de vérification élargie de la CIRGL a d’ailleurs été dépêchée sur place pour des enquêtes techniques.
Au milieu de ces accusations croisées, la voix de la diplomatie européenne se fait entendre. La Référence Plus cite le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévôt. Ce dernier estime qu’il ne s’agit pas d’un « incident isolé » mais d’une violation flagrante du cessez-le-feu par toutes les parties, appelant urgemment à un retour à la table des négociations.
Actualite.cd : Karine Buisset tuée à Goma, le cessez-le-feu en miettes, le condamné mondee
Ce média a documenté les réactions internationales après la mort de Karine Buisset, agent humanitaire français travaillant pour le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance, UNICEF, rappelant qu’elles ont été immédiates :
Le président français Emmanuel Macron a confirmé la mort de Karine Buisset et appelé au respect du droit international humanitaire. La commissaire européenne Hadja Lahbib a confirmé la piste du drone. Elle rappelle que les travailleurs humanitaires ne doivent jamais être pris pour cibles. Le ministre belge des Affaires étrangères Maxime Prévot va plus loin. Il note que ce n’est pas un incident isolé. Il constate la multiplication de ce type d’attaques en violation du cessez-le-feu, menées par toutes les parties. Il condamne ces violences qu’il qualifie d’aveugles et appelle à la négociation. Du côté de l’ONU, le chef par intérim de la MONUSCO Bruno Lemarquis réclame une enquête rapide, indépendante et crédible. Il rappelle que les attaques contre le personnel des Nations Unies pourraient constituer des crimes de guerre au regard du Statut de Rome.
Dans un registre plus politique, l’Agence Congolaise de Presse (ACP) rapporte le plaidoyer de l’Église Protestante. Face à l’impasse militaire, l’ECC réitère son appel à la tenue d’un « dialogue national ». Pour l’institution religieuse, la cohésion interne est l’unique rempart capable de contrer durablement les velléités de déstabilisation de l’Est.






