Ce jeudi 19 mars 2026, un seul événement ébranle le Palais du Peuple et domine les discussions dans les états-majors politiques : la chute brutale de l’un des piliers de la Chambre haute. Modeste Bahati Lukwebo n’est plus deuxième vice-président du Sénat. Sa diffusion mercredi 18 mars, suscitez de vifs commentaires, tant dans les médias en ligne que dans les tabloïds de la capitale.
C’est un véritable coup de tonnerre qui revient à la Une du quotidien Infos 27 ce matin : « Sénat : acculé, Bahati Lukwebo jette l’éponge sous pression politique »
Le journal souligne que le patriarche de l’AFDC-A a préféré prendre le devant. Alors que la commission spéciale chargée d’instruire la requête contre lui devait se mettre au travail ce mercredi, l’intéressé a choisi de couper court à la procédure en remettant sa démission.
Le sénateur Modeste Bahati Lukwebo a officiellement démissionné, mercredi 18 mars, de son poste de deuxième vice-président du Sénat de la République démocratique du Congo, selon une correspondance envoyée au président de la chambre haute, Jean-Michel Sama Lukonde.
Dans cette lettre, l’élu du Sud-Kivu évoque un souci d’apaisement institutionnel. « À la suite du climat politique actuelle et pour préserver la sérénité des travaux au sein de notre prestigieuse institution, j’ai décidé de remettre mon mandat de deuxième vice-président à la disposition du Bureau », écrit-il.
Infos 27 note que cette démission intervient dans un contexte de forte pression politique, alors que le Sénat venait d’enclencher une procédure visant à sa d’échéance. Déposée le lundi 16 mars à l’initiative du sénateur Dany Kabongo, une pétition à charge contre Modeste Bahati Lukwebo avait recueilli 83 signatures sur les 109 membres de la chambre, un seuil significatif contribuant à sa position particulièrement fragile.
De son côté, l’Agence Congolaise de Presse (ACP) confirme l’information de cette démission et précise que ce départ fait suite à une “forte pression” exercée par ses paires et précise dans son titre : « RDC : Modeste Bahati démissionne de son poste de deuxième vice-président du Sénat »
« À la suite du climat politique actuel et pour préserver la sérénité des travaux au sein de notre prestigieuse institution, j’ai décidé de remettre mon mandat de deuxième vice-président à la disposition du Bureau », a écrit l’élu des élus du Sud-Kivu, Est du pays, dans sa lettre envoyée au Président du Sénat, Jean-Michel Sama.
L’ACP affirme que cette démission intervient alors que le Sénat s’apprêtait, ce même mercredi, à mettre en place une commission spéciale chargée d’examiner une pétition visant à sa d’échéance. Déposée le lundi 16 mars, cette pétition avait recueilli un soutien massif avec 83 signatures sur les 109 sénateurs que compte la chambre, rendant sa position au sein du Bureau pratiquement intenable.
Rappelant les faits, le média ajoute que le déclin politique de celui qui fut autrefois président du Sénat a commencé le 4 mars 2026. Lors d’un point de presse, Modeste Bahati avait, en effet, tenu des propositions jugées ambiguës voire hostiles, à l’égard d’un projet de révision constitutionnelle porté par un parti de la majorité présidentielle. Il avait notamment déclaré qu’il fallait « changer les mentalités avant de changer les textes ».
Un constat partagé par Actualite.cd, qui note en Une : « Bahati Lukwebo sur sa démission de la vice-présidence du Sénat : « je me disais que ça ne sert à rien d’engager un bras de fer avec mes collègues »
Le confrère revient sur les propositions de M. Lukwebo dans une interview accordée à son journal aussitôt après avoir déposé sa lettre à Sama Lukonde, président du Sénat :
« Je me disais que ça ne sert à rien d’engager un bras de fer avec mes collègues. De toutes les façons, quand on reçoit un mandat, on doit se préparer à le quitter à tout moment. Comme il y a eu des incompréhensions à la suite de ma déclaration, je croyais avoir été compris en disant qu’il faut beaucoup travailler sur l’homme, sur sa mentalité et son comportement pour espérer que le texte soit bien appliqué ».
Les chagrins formulés contre lui portent notamment sur des accusations d’incompétence, un manque de respect envers les institutions et des déclarations controversées sur une possible révision constitutionnelle, commente le tabloïd, qui explique que Bahati Lukwebo a impliqué le sens du sacrifice pour préserver la cohésion de l’Union sacrée de la Nation.
Pour Forum des As, cette démission est une manœuvre de “sauve-qui-peut” pour éviter l’opprobre d’une destitution en pleine plénière. Le journal note que l’étau s’était considérablement resserré ces dernières quarante-huit heures, ne laissant à Bahati Lukwebo que deux options : subir le vote ou partir de lui-même. Il a choisi la porte de sortie, bien que celle-ci soit étroite.
Mais cette démission ne calme pas pour autant tous les esprits. Dans les lignes de Actu30.cd, les réactions sont vives, notamment celle du député national Alphonse Ngoyi Kasanji qui dénonce « le « Tshiakatiste » porte un coup de grâce politique en affirmant que ce départ est « logique et justifié ».
Selon lui, Modeste Bahati “n’a pas exercé ses prérogatives” durant son mandat au bureau, fustigeant le fait que, sous sa direction, “toutes les initiatives de contrôle parlementaire n’ont pas abouti”. Un bilan jugé “médiocre” par l’élu de l’UDPS.
Le Potentiel lui, s’interroge déjà sur l’après-Bahati. Cette démission, bien qu’elle semble apaiser la fronde immédiate au Sénat, laisse un vide au sein du bureau en pleine session de mars. Le journal souligne que ce fauteuil du 2e vice-président devient désormais l’objet de toutes les convoitises au sein de la majorité parlementaire.





