Considérée comme l’une de premières zones meurtries par l’activisme des rebelles ADF dans le territoire d’Irumu, la chefferie de Banyali Tchabi amorce son retour à la vie normale. Si l’accalmie observée depuis novembre 2025 a favorisé le retour de plus de 80 % des déplacés, cette entité frontalière de l’Ouganda reste prisonnière d’un enclavement sévère qui freine son essor socio-économique.
Située au sud du territoire d’Irumu et séparée de l’Ouganda par la rivière Semuliki, la chefferie de Banyali Tchabi tente de tourner une page sombre de son histoire. Depuis 2020, cette entité voisine du parc national des Virunga a subi de plein fouet les incursions des rebelles ADF. Le bilan est lourd : vies fauchées, villages désertés, écoles, églises et centres de santé réduits en cendres.
Un retour massif des habitants
Aujourd’hui, le visage de Banyali Tchabi change. Grâce à une accalmie, qui se consolide depuis plusieurs mois, la vie reprend ses droits dans les groupements de Baley, Boyo et Tondoli. Selon les observateurs locaux, plus de 80 % des populations déplacées ont regagné leurs foyers au sein des 26 villages que compte la chefferie.
Ces habitants, dont le quotidien repose essentiellement sur l’agriculture, l’exploitation forestière et la chasse, s’attèlent désormais à la reconstruction de leurs habitations et de leur tissu social.
Le défi majeur des infrastructures
Toutefois, cette résilience reste fragile. Si les armes se sont tues, un autre ennemi guette le développement de cette entité de 312 km² : l’enclavement.
L’état de dégradation avancée des infrastructures routières constitue un obstacle majeur :
- Difficulté d’accès aux services sociaux de base (santé, éducation).
- Problèmes d’écoulement des produits agricoles et forestiers vers les grands centres de consommation.
- Fragilité de l’intégration des personnes retournées, faute de débouchés économiques viables.
Malgré ce tableau contrasté, les 30 000 habitants de Banyali Tchabi affichent un optimisme prudent. Pour eux, la consolidation de la paix doit impérativement s’accompagner d’une réhabilitation des routes de desserte agricole pour transformer les potentialités de leur terroir en véritable levier de développement.






