Le territoire de Kalehe, dans le Sud‑Kivu, fait face à une crise alimentaire particulièrement dans le groupement de Mbinga Nord, autrefois considéré comme le grenier agricole de la province, alerte ce lundi 9 mars la société civile locale.
Selon des sources locales, la situation ne cesse de se dégrader sous l’effet combiné des pluies diluviennes, de la destruction des cultures et de l’impraticabilité de la route nationale numéro 2, reliant Bukavu à Kalehe.
Les conséquences sont immédiates : flambée des prix, exode de familles, destruction des champs et aggravation de la précarité dans plusieurs villages, dont Mukwija, Muganzo, Kalangala, Makengere, Nyabibwe et Kanenge.
« La vie se détériore de jour en jour », alerte le président de la nouvelle société civile du territoire de Kalehe, Benjamin Mungazi.
Selon lui, la situation est critique :
« Une crise économique s’observe dans le territoire de Kalehe. La vie de la population se détériore de jour en jour dans le groupement de Mbinga Nord et dans les villages de Mukwija, Muganzo, Kalangala, Makengere, Nyabibwe et Kanenge. Les pluies qui tombent chaque jour causent des dégâts dans les champs et rendent impraticable la route nationale numéro 2 Goma–Bukavu ».
La destruction des cultures, les éboulements de terre et l’isolement des zones agricoles ont provoqué une hausse vertigineuse des prix :
« Une mesure de farine de manioc est passée de 500 à 1 500 francs congolais. Beaucoup de familles déménagent ou abandonnent leurs maisons sans leur consentement, les produits agricoles sont emportés par les éboulements. La population manque d’argent, d’où la famine dans plusieurs ménages »,
Des ménages abandonnés à eux-mêmes
Avec la rupture partielle de la RN2, les échanges agricoles sont presque à l’arrêt.
Les villages vivent désormais isolés, sans approvisionnement, et les habitants n’ont plus la capacité financière de faire face à la flambée des prix.
Au-delà des pertes matérielles, la répétition des pluies et des glissements de terrain provoque déplacements forcés, destruction d’habitations et rupture des moyens de subsistance.
Appel urgent à l’aide humanitaire
La nouvelle société civile territoriale de Kalehe appelle à une mobilisation urgente.
« Nous demandons aux autorités compétentes du gouvernement, aux personnes de bonne volonté, aux organisations gouvernementales et non gouvernementales telles que le PAM, la FAO, la Croix‑Rouge, le Fonds social de la République, ACTED, CARITAS… de venir en aide à la population du territoire de Kalehe », rapporte Benjamin Mungazi.
Face à une crise qui menace des milliers de familles, la société civile insiste sur l’importance d’un soutien humanitaire immédiat pour éviter le pire et stabiliser cette région déjà fragilisée par des années de conflits armés.






