Le tribunal militaire de garnison de Mbuji-Mayi et Tshilenge (Kasaï-Oriental) a rendu, jeudi 19 février, un verdict marquant au terme d’une audience publique en procédure de flagrance. Quatre policiers ont été condamnés à de lourdes peines, allant de 20 ans de servitude pénale à la perpétuité, pour des faits graves commis lors d’une patrouille nocturne en janvier dernier. Tous ont été définitivement exclus de la Police nationale congolaise.
Les policiers Jonathan Tshibala et Jacob Kalenga ont écopé de la prison à vie.
Le tribunal les a reconnus coupables d’association de malfaiteurs, de meurtre, de détention illégale d’armes et munitions de guerre, de vol à mains armées et destruction méchante.
En plus de la perpétuité, la cour a ordonné leur dégradation et leur radiation de la Police nationale congolaise.
Deux autres condamnés à 20 ans de servitude pénale
Les policiers Mardochée Kabengele et Placide Kole Kabale ont, quant à eux, été condamnés à 20 ans de servitude pénale.
Ils ont été reconnus coupables de meurtre, de vol à mains armées et de destruction méchante.
Eux aussi sont destitués définitivement de la police.
Réparations : 100 000 dollars de dommages-intérêts
Au volet civil, les quatre condamnés devront verser à la partie civile l’équivalent de 100 000 dollars américains en francs congolais, en réparation des préjudices subis par la famille victime.
Un cinquième policier, Alphonse Ilunga, a été acquitté.
Le tribunal a jugé qu’il n’était pas impliqué dans les faits et a ordonné sa remise en liberté immédiate.
Un drame survenu lors d’une patrouille nocturne
Selon les éléments établis lors du procès, dans la nuit du 8 au 9 janvier, les policiers incriminés ont fait irruption dans la résidence d’un de leurs collègues, située au quartier PMKO.
Ils ont ouvert le feu, blessant grièvement le propriétaire aux jambes. Sa fillette de huit ans, atteinte par balles, a succombé à ses blessures.
Les assaillants ont ensuite emporté de l’argent et plusieurs biens, transformant cette patrouille en une attaque criminelle.
Ce verdict, l’un des plus sévères rendus récemment dans la province contre des agents de l’ordre, est perçu comme un signal en faveur de la lutte contre les abus commis par certains membres des forces de securité.
Il intervient alors que la population réclame une plus grande responsabilisation des forces de sécurité et une justice ferme en cas de violations graves.





