Depuis deux semaines, le rond-point UPN, l’un des carrefours les plus présents de la commune de Ngaliema, est envahi par des montagnes d’immondices. Malgré la présence de bacs à ordures, l’irrégularité des services d’évacuation transforme ce lieu de passage en un foyer de pollution à ciel ouvert.
L’image est saisissante : entre le flux incessant des véhicules et les milliers de piétons qui se croisent quotidiennement, des amas de déchets plastiques et d’emballages alimentaires jonchent le sol. Les odeurs nauséabondes qui s’en dégagent indisposent désormais les usagers, obligés de se boucher le nez ou de s’écarter précipitamment de la zone.
Un danger permanent pour la santé publique
Pour les commerçants environnants et les passants, la situation n’est plus tenable. Cette accumulation de déchets amplifie les risques de maladies hydriques et respiratoires. L’exaspération est palpable chez les habitants qui pointent du doigt l’inefficacité de la gestion urbaine.
« Les ordonnances sont là depuis deux semaines. Nous vivons au milieu des mouches et des mauvaises odeurs. C’est une menace directe pour notre santé, surtout pour nous qui vendons de la nourriture à côté », s’indigne un vendeur du quartier.
Des services de collecte aux abonnés absents
Pourtant, des programmes urbains de tri et de recyclage existent sur papier, mais la réalité du terrain est tout autre. Selon les témoignages recueillis sur place, les éboueurs sont rarement visibles et les camions de ramassage sont devenus des objets de curiosité par leur rareté.
Ce dysfonctionnement logistique rend les efforts de certains citoyens insignifiants. Même lorsque les déchets sont déposés dans les poubelles prévues à cet effet, le trop-plein finit par se déverser sur la chaussée, faute d’évacuation régulière.
Vers une responsabilité collective ?
Si l’inefficacité des services publics est pointée du doigt, la composition des déchets majoritairement des bouteilles en plastique et des emballages de consommation courante rappelle également la responsabilité des consommateurs.
Les experts en environnement estiment que la gestion de la salubrité à Kinshasa nécessite désormais une approche collective, alliant régularité de l’État dans l’évacuation et civisme de la part de la population. L’urgence est désormais signalée aux autorités urbaines pour désengorger le rond-point UPN avant que les pluies diluviennes ne viennent aggraver la situation en bouchant les collecteurs d’eaux usées.





