Dix-sept personnes, dont des enfants et des adultes, sont décédées depuis le début de l’année 2026 sur le site de déplacés de Konga-Konga, à Kisangani (Tshopo). Ces victimes, qui ont fui le conflit entre les communautés Mbole et Lengola, ont succombé à la faim et à l’absence de soins médicaux.
Selon les autorités locales, la situation humanitaire sur ce site, créé par arrêté communal, est devenue dramatique. La dernière aide humanitaire d’urgence remonte au 3 janvier dernier. Depuis, les déplacés sont livrés à eux-mêmes dans une précarité totale.
Un centre de santé dépourvu de médicaments
Le bourgmestre de la commune de Kisangani, Jupson Bokendi Popolipo, alerte sur l’absence de produits pharmaceutiques dans le centre de santé du site. Après une intervention de Médecins Sans Frontières (MSF) pour contenir une épidémie de choléra, les structures sanitaires locales n’ont plus les moyens de prendre en charge les malades.
« Nous avons enregistré dix-sept cas de décès à la suite de diverses maladies. Nous éprouvons d’énormes difficultés, car il n’y a plus de médicaments », a déclaré l’autorité municipale.
Plus de 3 000 enfants contraints à la mendicité
L’insécurité alimentaire pousse les vulnérables vers le centre-ville. Chaque jour, selon le bourgmestre, entre 3 000 et 4 000 enfants quittent le site pour aller mendier dans les rues de Kisangani afin de survivre.
Cette situation engendre des conséquences graves :
- Des cas de disparitions d’enfants ;
- Des accidents de la circulation fréquents impliquant des mineurs ;
- Une exposition accrue aux risques de la rue.
Le bourgmestre Jupson Bokendi Popolipo lance un appel pressant au gouvernement provincial, national ainsi qu’aux partenaires humanitaires pour une intervention d’urgence. « La commune n’a pas grand-chose. Nous nous contentons de ce que nous avons, mais cela ne suffit plus », a-t-il conclu.






