La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) dans le Haut-Katanga tire la sonnette d’alarme. Cent vingt enfants, interpellés dans le cadre de l’opération « Zéro shegué », sont détenus depuis un mois criminel dans des conditions jugées inhumaines au sein des installations de la police d’investigation de Lubumbashi.
L’alerte fait suite à une descente effectuée par une délégation de la CNDH pour s’enquérir des conditions de vie de ces mineurs. Le constat est jugé alarmant par Joseph Kongolo, coordonnateur provincial de la Commission, qui dénonce une violation flagrante des droits de l’enfant.
Une détention dans des conditions « barbares »
Selon le rapport de la CNDH, ces cent vingt enfants, en majorité des mineurs, sont entassés dans un hangar dépourvu de vitres, les exposant directement aux intempéries. Ils dorment à même le sol, sans matelas ni couvertures. Plus grave encore, le droit à l’hygiène la plus élémentaire leur est refusé.
« Les enfants n’ont pas droit au bain. Depuis un mois qu’ils sont là, ils ne se lavent pas. Ils sont détenus aux côtés de présomptions criminelles adultes », fustige Joseph Kongolo.
Soupçons de décès
La situation sanitaire est d’autant plus préoccupante que des cas de maladies sont signalés. Si certains enfants ont pu être évacués, d’autres resteraient en détention sans prise en charge adéquate.
La CNDH fait également état d’allégations de décès parmi les enfants, une information qui reste à confirmer formellement mais qui souligne l’urgence de la situation.
Un appel au respect du juge naturel
La Commission soulève une question de légalité fondamentale : la police criminelle n’est pas le lieu de détention approprié pour des mineurs. Maître Joseph Kongolo rappelle les procédures légales en vigueur en République démocratique du Congo :
« Pourquoi ces enfants sont-ils là ? S’il ya des enfants en conflit avec la loi, leur juge naturel est le tribunal pour enfants. Quant aux autres, en rupture familiale, ils doivent être retournés dans leurs familles ou placés dans des centres d’accueil spécialisés. »
Exigence de libération immédiate
La CNDH pointe directement la responsabilité du gouvernement provincial, initiateur de l’opération « Zéro shegué ». Elle exige le retrait immédiat et sans condition de ces enfants de ce cachot de la police.






