Sept ans après, la gratuité de l’enseignement de base en République démocratique du Congo (RDC) continue de faire face à plusieurs défis.
Réagissant jeudi 19 mars sur Radio Okapi, des enseignants ont affirmé être préoccupés par leur situation salariale.
Samuel Mbala Makusu, enseignant à Selembao, déplore la suppression d’une prime de 80 000 francs congolais (CDF) qui était perçue depuis janvier.
Selon lui, cette prime aurait été réindexée sur les salaires, mais les enseignants affirment ne plus la percevoir.
« Faut-il encore parler de la prime de gratuité dans nos écoles ou non ? », s’interroge-t-il, craignant que cette situation n’affecte la motivation du personnel.
Le défi des « Nouvelles Unités »
Un autre obstacle majeur est la mécanisation des nouveaux enseignants, appelés « Nouvelles Unités » (NU). Avec l’accroissement des effectifs d’élèves dû à la gratuité, l’État a créé de nouvelles classes sans toujours régulariser la situation financière des enseignants affectés.
A l’EP 11 Selembao, certains instructeurs affirment travailler sans salaire depuis quatre ans. Ils disent ignorer ce qui bloque leur mécanisation malgré l’augmentation de la charge de travail.
Alors que cette réforme réjouit la plupart des parents qui, selon eux, favorise la scolarisation des enfants des familles démunies.
Inscrite à l’article 43 de la Constitution, la gratuité est aujourd’hui une réalité dans plusieurs écoles publiques de Kinshasa, comme à l’École primaire (EP) 11 Selembao.
Cependant, les enseignants interrogés soulignent que le succès de cette réforme dépend du renforcement des moyens de fonctionnement mis à la disposition des écoles.
Pour consolider les acquis de cette réforme, les acteurs du secteur éducatif attendent des réponses concrètes des autorités afin de garantir, sur le long terme, un enseignement de qualité.





