La Police nationale congolaise (PNC) du Kasaï-Central a procédé, mardi 24 mars, à l’incinération d’une quantité importante de chanvre à Kananga. Si les autorités présentent cette action comme un signal fort contre le trafic de drogue, des environnementalistes dénoncent une opération risquée pour la santé publique.
Le lot de stupéfiants détruits a été saisi lors de deux opérations distinctes conduites à l’aéroport de Kananga et sur l’axe routier menant au territoire de Luiza.
Selon le gouvernement provincial, cette destruction vise à décourager les réseaux de trafic exploités dans la région.
Un « signal fort » du Conseil provincial de sécurité
Pour le vice-gouverneur du Kasaï-Central, Job Kuyindama, l’objectif est avant tout pédagogique. La décision d’organiser cette incinération en plein centre-ville, à la place de l’Indépendance, émane du Conseil provincial de sécurité pour témoigner de la détermination des autorités.
« C’est une pratique que nous continuons à décourager dans la province, et les services de sécurité sont mobilisés à cet effet », a déclaré le vice-gouverneur, mettant en garde les acteurs de ce commerce illégal.
Des risques pour la santé et l’environnement
Cette méthode d’élimination publique recueille cependant de vives critiques de la part des experts en environnement. Ces derniers déplorent que l’opération se déroulee au cœur d’une zone habitée, exposant les résidents aux fumées toxiques.
David Muanda, environnementaliste local, fustige le mode opératoire :
« Toute la population a inhalé ce produit. Lorsqu’on procède à une incinération, on ne le fait pas de cette manière. Il faut un site approprié, éloigné des habitations ».
Les critiques pointent du doigt les conséquences sanitaires immédiates de l’inhalation passive de ces substances par les passants et les riverains.




