« La sécurité reste fragile et les assiettes se vident à Isangi. Entre les incursions armées et l’enclavement agricole, le territoire est sous pression ». C’est ce qu’a révélé l’administrateur intérimaire de ce territoire de la Tshopo à l’attention d’une délégation de l’Agence belge de coopération internationale (ENABEL) lors d’une mission récemment dans cette entité.
Le tableau sécuritaire s’assombrit. Après le meurtre de quatre agents de santé fin 2025, la violence a encore frappé en ce début d’année : trois civils tués. Une femme dans sa chambre ainsi qu’un opérateur économique et son conducteur de taxi à 5km de Yangambi. Un blessé grave a été enregistré.
L’administrateur intérimaire de territoire, Toussaint Lolokeke, qui confirme l’arrestation de 32 suspects, exige une justice exemplaire :
« Je n’avais jamais vu ça ! C’est une mauvaise façon de copier les mauvaises pratiques des autres ethnies. Le territoire d’Isangi est toujours considéré comme une oasis de paix… On attend la justice faire son travail… »
À ce deuil s’ajoute la faim
Paradoxalement, les produits pourrissent dans les champs. Le délabrement total des routes de desserte agricole qui isolent les centres de consommation en est la cause Toussaint Lolokeke tire la sonnette d’alarme :
« Le transport pour faire parvenir les marchandises sur les marchés locaux coûte cher, parce qu’un taximan va vous demander 10 000, 20 000, 30 000 à la suite d’un mauvais état de la route ; alors que dans d’autres coins il y a des denrées alimentaires qui pourrissent dans les villages, dans la brousse… »
Afin de pallier cet état de chose, il plaide pour la réhabilitation de routes de desserte agricole.






