La situation sécuritaire demeure préoccupante dans le sud du territoire d’Irumu (Ituri). Les attaques répétées attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) frappent de plein fouet l’économie locale : l’agriculture est à l’arrêt, les échanges commerciaux sont paralysés et le spectre d’une crise alimentaire menace la région.
Une agriculture en déclin et la peur au ventre
Dans la zone de Bandavilemba, le moteur économique de la région — l’agriculture — est quasiment à l’arrêt. Craignant pour leur vie, de nombreux paysans ont pris la décision d’abandonner leurs terres. Pour ceux qui tentent encore de cultiver, le défi est double : produire sans se faire tuer, puis réussir à écouler la marchandise.
« Les gens ne produisent plus assez de haricots à cause de l’insécurité. Malgré cela, ils s’efforcent de récolter tant soit peu. Et même si on arrive à ramener cela à la maison, où trouver des acheteurs ? », s’interroge un habitant de la zone, joint par Radio Okapi.
Commerces fermés et circuits d’échanges rompus
Le climat de terreur est entretenu par des incursions sanglantes. La dernière attaque en date, samedi dernier au village de Butani, s’est soldée par l’incendie de trois motos et des violences contre les civils. Cette insécurité chronique décourage les investissements, même les plus modestes.
Christophe Munyanderu, activiste des droits de l’homme dans la zone, dresse un constat alarmant :
- Fermeture des points de vente : les boutiques et kiosques ne fonctionnent plus qu’au ralenti, faute de clients.
- Baisse du pouvoir d’achat : les agriculteurs ne trouvent plus de preneurs pour leurs récoltes.
- Climat de peur : les opérateurs économiques hésitent à injecter du capital dans le commerce, craignant un pillage ou une attaque surprise de l’ennemi.






