À Kisangani, dans la commune de Kabondo, le cimetière de Kambakamba est devenu le théâtre d’une situation inédite et inquiétante : des maisons, terrasses et même des boîtes de nuit ont été érigées directement sur des tombes. La Synergie des avocats pour le développement durable (SADD) a dénoncé jeudi 12 mars, cette situation auprès du Procureur général près la Cour d’appel de Kisangani, (Tshopo), qualifiant ce phénomène de « profanation à ciel ouvert ».
Un réseau mafieux dénoncé
Selon la correspondance adressée au procureur, ce problème dépasse les simples actes d’urbanisme illégal. L’organisation pointe l’existence d’un réseau mafieux bien établi, qui bénéficie, selon elle, de complicités au sein de l’administration foncière, de la municipalité et même des services de sécurité et de renseignement. Malgré des alertes répétées, les travaux se poursuivent, perturbant le repos des défunts et provoquant l’indignation de la population locale.
« Les pelleteuses n’ont pas reculé malgré nos alertes. La spoliation est profonde et systématique », dénoncent les membres de la Synergie des avocats pour le développement durable.
Des recommandations pour protéger les lieux de repos
Face à cette situation, la SADD exige :
- Une enquête minutieuse pour démanteler le réseau à l’origine de ces occupations illégales.
- L’annulation des titres fonciers illégaux attribués sur ces terrains.
- Le déguerpissement immédiat des occupants qui ont construit sur les tombes.
- Une sécurisation durable du site par l’État afin de protéger le cimetière et garantir le respect du repos des défunts.
Un repos éternel troublé
Pour l’heure, regrette l’organisation, le cimetière de Kambakamba continue de subir les nuisances liées aux chantiers. Le bruit des pelleteuses et l’urbanisation sauvage perturbent le site, alors que les familles des défunts et la société civile appellent à une intervention urgente des autorités pour mettre fin à cette situation scandaleuse.






