Revue de presse kinoise du jeudi 5 mars 2026.
La sortie médiatique de l’autorité morale de l’AFDC-A, Bahati Lukwebo, fait la Une de la plupart des journaux parus ce jeudi à Kinshasa.
Le Potentiel ouvre le bal et rapporte que le président statutaire de l’AFDC-A a passé en revue l’actualité brûlante du pays, lors d’une conférence de presse tenue mercredi 4 mars 2026 à Kinshasa. Selon ce quotidien, Bahati a dénoncé une « cabale » montée contre sa personne. Il a également réaffirmé son soutien à l’accord de Washington, avant d’aborder la situation sécuritaire dans l’Est. Le journal souligne qu’il a insisté sur la nécessité d’appliquer strictement la Résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU, laquelle exige notamment le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais.
Face à la presse, révèle Infos 27, l’ancien président du Sénat s’est montré farouchement opposé à toute initiative visant à modifier la Constitution de 2006.
Pour lui, écrit ce quotidien, « la RDC ne souffre pas d’un déficit de textes, mais d’un manque de leadership et de sens de responsabilité ». Infos 27 note également que Bahati a jugé infondé l’argument de certains acteurs politiques selon lequel la Constitution serait devenue « vieille » après seulement dix-sept ans d’existence. Il a dénoncé la position de ceux qui militent pour une révision constitutionnelle alors qu’ils ont eux-mêmes participé à son élaboration ou à sa défense. Pour ce sénateur, poursuit le portail, la priorité doit être le respect strict et l’application rigoureuse des institutions existantes.
Au sujet du cessez-le-feu dans l’Est du pays, La Référence Plus rapporte que Bahati Lukwebo s’est montré prudent. Il redoute qu’un gel des opérations militaires entraîne un statu quo territorial, favorable à une balkanisation de facto. Il prévient en ces termes : « Lorsqu’on observe un cessez-le-feu, chaque camp conserve ses positions. Or, aujourd’hui, une grande partie du Nord-Kivu et du Sud-Kivu est occupée et administrée par l’AFC/M23 soutenu par le Rwanda. Ceux qui soutiennent le statu quo appuient la partition de notre pays ». Le tabloïd indique également que Bahati a lancé une mise en garde contre ceux qu’il accuse de stigmatiser certains dirigeants « parmi lesquels les architectes du pouvoir actuel » pour plaire aux décideurs. Il prévient : « Qu’ils se rappellent du passé récent et qu’ils ne s’exposent pas au retour de la manivelle ».
Sur la portée politique de cette prise de position, Forum des As se montre encore plus incisif. Pour ce journal, Bahati vient de tracer une « ligne rouge » infranchissable. Il estime que cette position crée un précédent dangereux pour l’unité de la majorité. Si d’autres poids lourds de la plateforme présidentielle s’alignaient sur cette posture, le projet de révision constitutionnelle pourrait mourir dans l’œuf, avant même d’arriver au Parlement.
De son côté, Congo Nouveau analyse le débat constitutionnel relancé par Bahati Lukwebo comme la partie émergée d’un iceberg. Selon cet hebdomadaire, les tensions autour de cette polémique révèlent une crise profonde de confiance entre les acteurs de la gouvernance et reflètent des enjeux majeurs autour de la survie de la démocratie.
Enfin, Actualité.cd note que Bahati Lukwebo, l’une des figures majeures de la majorité, sort de sa réserve. Il s’oppose frontalement à tout projet de révision de la Constitution, estimant que « la RDC n’a pas un problème de textes, mais d’hommes ». Le média en ligne souligne qu’il défend mordicus le verrou du nombre de mandats présidentiels, qu’il considère comme essentiel à la stabilité institutionnelle du pays.






