Les médias en ligne de la capitale consacrent l’essentiel de leurs analyses à deux sujets politiques majeurs : la pétition visant Modeste Bahati Lukwebo, deuxième vice-président du Sénat, après ses prises de position contre un éventuel changement de la Constitution, ainsi que l’appel au dialogue national.
« Avis de tempête au Sénat », prévient Le Potentiel ce mardi 17 mars. Le quotidien barre sa Une avec un titre qui fait déjà trembler les travées de la Chambre haute.
Le journal nous apprend que le deuxième vice-président du Sénat est désormais dans le viseur de ses collègues. La pétition, signée par 83 élus, a été déposée ce lundi par le sénateur Dany Kabongo avec un collectif de collègues.
« Selon Dany Kabongo, cette initiative parlementaire est motivée par ce qu’il qualifie d’« incompétence » de Modeste Bahati Lukwebo dans l’exercice de ses fonctions au sein du bureau de la chambre haute. L’élu reproche également à l’autorité morale de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) certaines prises de position publiques, notamment sur la question de la révision constitutionnelle », commente le Tabloïd.
Face à ce remue-menage, le média rappelle que Modeste Bahati Lukwebo avait présenté ses excuses à ses collègues sénateurs le mardi 10 mars, quelques jours après ses déclarations controversées.
« Il avait expliqué que ses propos sur la Constitution avaient été sortis de leur contexte et mal interprétés, précisant qu’il ne s’était pas opposé à une révision constitutionnelle, mais qu’il avait plutôt suggéré l’ouverture d’un débat au sein de l’Union sacrée de la nation ».
Commentant la même actualité, le tri-hebdomadaire Congo Nouveau précise : « Entre aigreur et tentative de liquidation : Modeste Bahati visé à tout prix ? ».
Le journal dénonce ce qu’il qualifie de « cabale politique », ajoutant que les griefs contre le patriarche de l’AFDC auraient curieusement changé en cours de route, passant de questions de gestion à des règlements de comptes.
De son côté, Forum des As précise que les initiateurs de la pétition se défendent de toute « main noire » ou de lien avec des officines politiques, affirmant agir pour la simple redevabilité.
A propos du dialogue national
La question d’appel au dialogue national est revenue dans les discours lors de la session parlementaire de mars ce mardi. Que ce soit à l’Assemblée nationale ou au Sénat, l’idée du dialogue est acceptée, mais sous certaines conditions.
Actualite.cd : RDC : “tout dialogue national sincère ne doit servir de blanchisserie ni d’opportunité pour fragiliser l’ordre constitutionnel établi”(Aimé Boji)
Le président de l’Assemblée nationale Aimé Boji Sangara a souligné dans son mot d’ouverture :
« La perspective d’un dialogue national, évoquée par plusieurs acteurs de la vie politique et sociale, devra être examinée avec responsabilité et lucidité. Pour ma part, tout dialogue national sincère doit avoir pour objectif de renforcer la cohésion nationale, de consolider nos institutions et de préserver l’unité de la République. Il ne saurait en aucun cas servir de blanchisserie ni d’opportunité pour fragiliser l’ordre constitutionnel établi, encore moins pour remettre en cause les acquis démocratiques de notre pays. Dans cette perspective, l’Assemblée nationale accompagnera volontiers toute initiative de dialogue menée sur le sol congolais et engagé sous l’autorité du Président de la République, Chef de l’État, Son Excellence Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, arbitre des institutions et garant de leur bon fonctionnement’ », rapporte Actualite.cd.
Pour l’élu de Walungu, dans la province du Sud-Kivu, ce dialogue, tant réclamé par plusieurs acteurs sociopolitiques congolais, ne doit pas servir de blanchisserie ni constituer une opportunité de fragiliser l’ordre constitutionnel, ni remettre en cause les acquis démocratiques de la République démocratique du Congo.
De son côté, le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde cité par Actualite.cd, s’est lui aussi montré ferme : si la Chambre haute est prête à contribuer au « Dialogue national », celui-ci doit se faire dans le « strict respect du cadre institutionnel ».
7sur7.cd : Dialogue : Sama Lukonde soutient l’initiative, mais plaide pour une position « ferme » face aux agresseurs
Le président du Sénat, Jean-Michel Sama Lukonde, a réaffirmé le soutien de la chambre haute du Parlement au format de dialogue entre Congolais annoncé par le président de la République, Félix Tshisekedi, indique le confrère.
Dans son discours d’ouverture de ce lundi 26 mars, Sama Lukonde a indiqué que le Sénat accorde « une attention particulière » à cette initiative politique, tout en réaffirmant la disponibilité des sénateurs à y contribuer.
« Sur le plan politique, le Sénat accorde une attention particulière à l’appel au dialogue entre Congolais dans le format annoncé par le Président de la République. Nous réaffirmons notre disponibilité à contribuer à cette initiative, dans le strict respect du cadre institutionnel et dans l’intérêt supérieur de la Nation », a-t-il déclaré.
Cependant, prévient 7sur7.cd, le président du Sénat estime que, face aux agressions et aux tentatives de déstabilisation dont la RDC est victime, « le dialogue doit rester un instrument de consolidation de la paix et de renforcement de l’autorité de l’État » et préconise ainsi une position de fermeté face aux agresseurs, tout en privilégiant la voie diplomatique accompagnée de mécanismes de suivi rigoureux.






